‹ L'opération du trépanChapitre 93 sur 114 · SOINS CONSÉCUTIFS · texte numérisé non relu

SOINS CONSÉCUTIFS

Thermo-cautère. — Le thermo-cautère, dont on s’était servi pendant quelque temps, a été aujourd’hui abandonné; on l’a môme accusé d avoir déterminé dans un cas une encéphalite mortelle (Godbé). Cette interprétation nous paraît tant soit peu fantaisiste, et nous ne voyons pas pourquoi on ne se servirait pas de nouveau de cet instrument, qui a été utilisé avec succès par des chirurgiens américains.

Compression et ligature de la carotide primitive. — Des moyens plus énergiques ont encore été employés : V. Horsley, dans un cas d’hémorragie méningée, a fait la ligature de la carotide.

En cas d’hémorragie profuse, on pourrait faire comprimer par un aide la carotide primitive.

Soins consécutifs.

a. Drainage de la plaie opératoire. — Môme si la dure-mère n’a pas été entamée, il faut pratiquer le drainage de la plaie opératoire au moyen d’un drain de caoutchouc rouge aseptisé par l’ébullition prolongée dans l’eau bouillante ou stérilisé par la vapeur d’eau dans l’autoclave, afin de permettre à la sérosité de s’écouler.

Ce drain sera laissé en place tant que l’écoulement se fera, c’est-à-dire trois à quatre jours; toutefois il n’y aurait pas très grand inconvénient à le laisser plus longtemps.

Il est du reste difficile de donner des règles précises à ce sujet, les uns étant partisans de la

suppression rapide du drain (Y. Ilorsley en particulier, au bouL de vingt-quatre heures), les autres conseillant de le laisser en place pendant un certain temps (Poirier). D’ailleurs, à cet elfet, on pourra se guider sur l’état des pièces du pansement, sur leur degré plus ou moins accentué de souillure et aussi sur les symptômes soit généraux, soit locaux présentés par le malade.

Si la dure-mère a été d’abord incisée et ensuite suturée, on doit aussi drainer, mais en veillant à ce que le drain ne vienne pas comprimer ou irriter l’écorce cérébrale. Dans ce but on peut se borner à placer le drain sur la surface extérieure de la dure-mère sans aucun contact direct avec le cerveau.

Si l’on remet en place la rondelle osseuse, on peut drainer avec un faisceau de crins de Florence ou de catgut, ou bien ménager à la rondelle une échancrure à travers laquelle on pourra faire pénétrer un drain de caoutchouc vulcanisé (J. Lucas -Championnière) ou d’os décalcifié (Mac Ewen).

/3. Drainage du cerveau. — Dans les cas d’abcès ou de kyste du cerveau, lors d’excision d’un centre, on doit placer, au point indiqué, un drain de caoutchouc aseptique en veillant d’ailleurs à ce que sa consistance ne soit pas trop résislante. Au moindre phénomène de compression, on le supprimera.

Y. Dorsley laisse à la plaie cutanée un intervalle béant assurant le drainage sans drain, si la surface opératoire a pu être suffisamment aseptisée; il évite ainsi toute irritation au cerveau.

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