‹ L'opération du trépanChapitre 95 sur 114 · TRÉPANATION EN DEUX TEMPS · texte numérisé non relu

TRÉPANATION EN DEUX TEMPS

préalable du patient et désinfection soignée du champ opératoire par les procédés ordinairement employés, on enlève une rondelle crânienne suffisamment large et on laisse la dure-mère absolument intacte.

S’il se produit à ce moment une hémorragie osseuse, on applique sur le point qui saigne un peu de la pâte antiseptique (cire stérilisée et acide phénique), dont l’emploi a été vanté jadis par Just Lucas-Championnière dans notre pays, et que nous avons utilisée à diverses reprises.

Cela fait à l’exemple des chirurgiens anglais, on rabat le lambeau cutané sur la brèche pratiquée au crâne et on suture ce lambeau soit à l’aide de crins de cheval (V. Horsley), soit avec du crin de Florence, de la soie ou du catgut aseptique; puis on applique un pansement antiseptique ou aseptique.

Ce n’est que le deuxième ou le troisième jour qu’on passe au deuxieme temps de l’opération, quand le malade est remis du premier traumatisme. Après une seconde anesthésie, on désunit le lambeau cutané, on le rabat, et on attaque cette fois la tumeur elle-même. Si la brèche primitive n’est pas assez grande, on l’agrandit; mais, autant que possible, il faut faire tout d’abord une ouverture qui soit suffisante pour l’ablation ultérieure du néoplasme.

Lavoie étant largement préparée, on sectionne la dure-mère, soit circulairement, soit en X, soit par une incision cruciale, etc. On explore la cavité crânienne et la tumeur : c’est là un temps très important. Il faut prendre tous les ménage-

ments nécessaires, en sacrifiant, si besoin est, la dure-mère qui ne joue dans la réparation du crâne qu’un rôle contesté.

On lie avec précaution et minutie tous les vaisseaux veineux ou artériels qui se trouvent au pourtour de la masse à enlever ou y pénètrent. Les veines sont surtout abondantes et il est indispensable de ne pas les déchirer en cherchant à isoler la Limeur avec une spatule mousse ou les doigts, il faut donc les lier avec de la soie ou du fin catgut. Pendant l’ablation, on peut employer provisoirement des pinces à pression.

Pour l’énucléation, on peut inciser la pie-mère, voire môme la substance cérébrale, mais à la condition de se servir d’un tout petit bistouri, et d’agir bien perpendiculairement à la surface de circonvolutions pour léser le moins possible de fibres nerveuses.

Si la tumeur n’est pas facilement énucléable, si elle estdilfuse ou présente des prolongements, on doit s’abstenir ou, à la rigueur, faire plutôt une sorte de curettage à l’aide d’une curette de von Volkmann; mais cette opération n’a qu’une médiocre valeur. Il importe surtout de ne pas aller jusqu’aux ventricules, qu’il faut éviter d’ouvrir. On peut enlever cependant de grosses tumeurs et, nous avons vu V. Horsley énucléer, sans trop de peine, à l’aide de spatules, un fibrome qui avait presque le volume du poing.

La tumeur enlevée , on lie les vaisseaux artériels profonds, on enlève les pinces qu’on a placées eL on arrête l’hémorragie qui provient des veines périphériques.

Page 1