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TRÉPANATION EN DEUX TEMPS

La zone dangereuse, au point de vue de la perte de sang, commence, nous l’avons déjà dit, au voisinage de la scissure de Sylvius, près du sillon de Rolando, car là se trouvent de grosses artères superficielles, ou des vaisseaux importants logés dans le dédoublement des circonvolutions.

Le néoplasme enlevé, les parties profondes du cerveau font très rapidement saillie et la perte de substance produite est très vite comblée; si bien que peu de temps après l’ablation, la concavité où était logée la tumeur n’existe plus. Cependant, pour éviter une hémorragie secondaire, il importe, au dire surtout de von Bergmann et de Bramann, de la tamponner; quant à Y. Ilorsley, il use de bandes de gaze préparées à la manière de Lister, c’est-à-dire au cyanide de mercure et de zinc, qu’il applique directement sur le cerveau, de façon à établir une compression directe. Pardessus ce tamponnement, on rabat le lambeau cutané et on le réunit à la peau, sans drainage, après avoir placé ou non, un ou deux points de suture sur la dure-mère, abandonnant ainsi dans l’intérieur du crâne un corps étranger assez volumineux. On recouvre le tout d’un pansement ordinaire.

Y. Ilorsley lient personnellement assez peu à une réunion exacte de la dure-mère ; il ne replace pas de fragments osseux dans la brèche crânienne, ce qui se conçoit, puisqu’il cherche à maintenir la diminution de pression produite, dans la cavité du crâne par l’ablation de la tumeur, et, ce qui serait assez difficile, étant

donnés sa manière d’opérer et l’emploi presque exclusif de la scie

Réparation des pertes de substance du crâne.

Il est excessivement rare que la perforation résultant de l’action du trépan se comble par du tissu osseux : Faget, Morand et Duvernoy ont pourtant noté une oblitération partielle de la perte de substance. F. -II. Larrey a observé quelques autres faits de ce genre; il attribuait ce rétrécissement à une régénération des bords de la plaie osseuse, mais dans les cas où la perle de substance avait à peine dépassé 1 centimètre.

J. -F. Malgaigne croyait que chez les jeunes sujets, la dure-mère sécrétait une substance qui finissait par s’ossifier et former un véritable bouchon 1 2.

Dès 1837, Dubreuil père, de Montpellier, concluait de ses expériences que la réparation du crâne se faisait par le péricrâne et la dure-mère réunis.

Heine fit jouer le principal rôle au diploé, sans rejeter l’action ossifiante du péricrâne et de la dure-mère.

Pour L. Ollier3, les os du crâne ont, à un degré moindre que les os longs, la propriété de se régénérer; pourtant, d’après cet auteur, ces

1 . F. Terrier, Traitement chirurgical des tumeurs cérébrales ( Gazette hebdomad. de méd. et de chirurgie, Paris, n° 48, 1er décembre 1894, p. 533-577).

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