‹ L'opération du trépanChapitre 97 sur 114 · RÉPARATION DES OS DU CRANE · texte numérisé non relu

RÉPARATION DES OS DU CRANE

os possèdent, pour concourir à leur régénération, le péricrâne et la dure-mère; ils ont, en outre, les expansions médullaires qui partent du diploé et jouent un rôle important dans

T\ lieu où a été faite la deuxième trépanation empiétant sur les os propres du nez; la perte de substance est incomplètement comblée; elle fait défaut à. la partie inférieure ; R', rondelle enlevée.

l’obturation des couronnes de trépan. Mais, malgré l’intervention de cette triple source d’ossification, les couronnes de trépan sont longues à se combler et restent fibreuses à leur centre, même chez les jeunes sujets.

Cependant, L. Ollier a obtenu chez l’agneau la reproduction complète d’une couronne enlevée à la région frontale, au niveau de la suture ; et il a constaté la persistance d’une ligne suturale de séparation au milieu de la masse reproduite. Cette nouvelle suture diffère de l’ancienne, en ce qu’elle est beaucoup moins sinueuse, comme le démontre la figure 213, empruntée à l’ouvrage d’Ollier'.

C’est dans les Comptes rendus de /’ Académie des sciences (1er août 1859) qu’Ollier a démontré les propriétés ostéogéniques de la dure-mère par la transplantation.

Pour Poulet, l’ostéite raréfiante existe sur une zone peu étendue, et la plaie osseuse fournit des bourgeons charnus qui se réunissent aux bourgeons de la dure-mère; ceux-ci s’ossifient en partie en se cicatrisant. Ni le périoste, ni la duremère ne joueraient un grand rôle dans cette ossification.

Cependant, en dehors des animaux, la régénération osseuse serait possible; ainsi, il existe au musée Dupuytren le crâne d’une femme trépanée jeune; or, sur ce crâne, on ne découvre pas trace d’orifice. Il en est de même, ainsi que nous l’avons déjà dit, sur certains crânes de l’époque néolithique où la trépanation ayant été faite dans l’enfance, la perte de substance a été comblée en grande partie.

En général, il se fait un tissu fibreux et sur celui-ci, il n’existe qu’une cicatrice molle qui est

1. L. Ollier, La régênératon des os et les résections souspcrioslées, Paris, 1894, p. 52.

RÉIMPLANTATIONS OSSEUSES

quelquefois douloureuse et qu’il est indispensable de protéger contre l’action des chocs extérieurs.

On emploie, dans ce but, des plaques de cuir bouilli ou des plaques métalliques, mais ces dernières ont l’inconvénient d'être trop bonnes conductrices du froid et de la chaleur; nous aurons l’occasion d’y revenir plus loin ; aussi J.-D. Larrey les. repoussait-il avec énergie.

Un point signalé par Larrey père et Larrey fils, c’est que les invalides trépanés entendaient par leur cicatrice : c’était une sorte de tympan accessoire.

Réimplantations osseuses.

Pour obvier à l’inconvénient que présentent les plaques métalliques d’être bonnes conductrices de la chaleur, on a cherché à réappliquer la rondelle osseuse ou un fragment d’os, afin de combler la perte de substance.

La première tentative de ce genre d’opération est rapportée par un chirurgien des Pays-Bas, Jacob von Mcckren ou Job de Meckren. Ce chirurgien greffa avec succès, vers 1750, un os de chien sur le crâne d’un individu qui avait une perforation osseuse, résultant d’un coup de sabre. Mais les gens d’église trouvèrent ce procédé peu orthodoxe, et, sous peine de passer pour hérétique, le patient dut, à son grand désespoir, se faire enlever le morceau d’os de chien qui avait été parfaitement soudé au sien.

En 1820, Pli. von Walther replaça une rondelle privée de son périoste : il y eut de la suppu-

Terrier et PÉRAIR2. — Trépan.

ration qui exfolia seulement la table externe de cette rondelle. Plus tard, il répéta la môme opération avec un succès complet.

Depuis celte époque, on compte cinq méthodes permettant l'obturation des perles de substance crânienne :

1° Réimplantation de la rondelle enlevée.

2° Transplantation de fragments osseux frais , provenant d’un autre os du patient ou d’un animal.

3" Résection temporaire (Wagner).

4° Auioplastie (Konig).

5° Hétéroplaslie (implantation de corps étrangers).

1° Réimplantation des rondelles enlevées.

Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on a eu l'idée de réimplanter la rondelle osseuse enlevée par le trépan. Il y a plus de soixante-dix ans, Ph. de Walther avait, avons-nous déjà dit, fait cette tentative sur l’homme, et avait réussi à ressouder l’os transplanté au moins en partie *.

11 y a vingt-huit ans, Ollier reprit la question et conclut que la greffe du transplant s’opérait. Toutefois, d’après Franz Konig1 2 3 et Deaver, il se ferait des suppurations autour de la rondelle transplantée et sous celle-ci souvent même de la rétention purulente.

Pour Ollier, cette rondelle serait une source

1. L. Ollier, Traité des résections, Paris, 1891, t. III, p. Toi.

2. Traité de Pathologie chirurgie, spéciale, trad. Comte, t. I,

p. 160, Paris, 1888.

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