‹ L'OphéliaChapitre 13 sur 59 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

« C'est petit comme une noix de coco : aussi les jeunes gens dès quinze ans, faute de position sur terre, en doiventils chercher une sur mer. Dès l'enfance, on n'entend parler que des Iles, des découvertes d'îles à oiseaux qui enrichissent leur homme, à peu près comme au Transvaal et à Madagascar on entend parler de placers et d'alluvions... A vingt ans J'avais donc en main mon bre vet de Capitaine au long cours.

« Je ne me vanterai pas de connaître toutes les mers : je n'ai fait que l'Océan Indien, partie sud, de 45 degrés à 45,6 degrés. Mais là, par exemple, je le connais à fond.

« Connaître une mer à fond, c'est avoir été obligé comme je l'ai été, de passer presque chaque mois d'un bateau dans l'autre et d'île en île...

« C'est ainsi qu'il m'a été donné de constater de visu ce que j'avais toujours supposé : à savoir que le canal de Mo-

zambique étant le chenal le plus abrité du vent et le moins fréquenté, son ciel devait être aussi riche en oiseaux que ses bas-fonds le sont en huîtres... Or, quand on me dit huîtres, je traduis :

perles; quand on me dit oiseaux, je traduis : guano.

— Bravo ! dit Sacy, les yeux illuminés. *

— Dans toutes mes navigations à la voile, reprit le Capitaine, je me suis toujours débrouillé de façon à descendre sur les moindres îlots pour repérer ceux qui sont habités ou l'ont été par les oiseaux. J'ai dressé ma carte, à moi, et, en septembre 1900, je suis allé à Paris demander au Gouvernement Français une concession de dix ans. La France a le geste large : elle m'en a accordé une de trente ans !...

« Alors je suis revenu aux îles Seychelles; avec des capitaux franco-anglais j'ai monté ma société... »

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