CHAPITRE VII
E que le capitaine Danel, toujours pressé, n'a pas dit :
Par un bel après-midi des Tropiques, calme et bleu, José d'Aréna voit, chaque année, pointer du Sud des milliers d'oiseaux nommés « goélettes ». Ils arrivent de fort loin, souvent de centaines de milles : voiliers de premier ordre, sans fatigue, sans besoin de faire escale ni sur terre ni sur mer, ils tiennent l'air des jours entiers...
D'abord au-dessus de l'île, où, de mémoire de goélette, elle vient pondre, la
caravane commence par planer, très haut : pareilles aux couronnes des atolls sur la mer, ce ne sont, sur l'azur, que cercles d'oiseaux qui autour les uns des autres s'enroulent, de plus en plus serrés, sans jamais même se frôler...
Cré... cré... Toute la nuit, sous ce seul cri : cré-cré, dans un fort battement d'ailes, tourne et tourne, entre les étoiles, la farandole d'ombres... Cré... cré... cré...
A quatre heures du matin, silence : en bande ils sont partis pour la pêche.
Ils réapparaissent, l'après-midi, à quatre heures : douze heures. Et cela pendant douze jours.
De soir en soir, cependant, comme pour reconnaître la terre, ils volent de plus en plus près... Sans doute cherchent-ils de leurs yeux perçants à voir s'il n'y a dans l'île quelque danger : chats... serpents... rats... Et un soir, retour du large, voici que, sans courbe,