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CHAPITRE VIII

à ^y E soir-là, le Commandant ne se

1 présenta pas à table.

v>4 Madame Danel aussitôt insista pour que Violette allât, de sa part, le prier de venir dans la salle à manger.

Sans un mot, la jeune Malgache obéit.

Elle reparut les yeux baissés et mécontente :

— Il ne m'a répondu qu'avec la tête : (( Il n'y a pas moyen ! »

— Eh bien ! Violette, tu iras lui porter les plats dans sa chambre.

Quand elle revenait, chaque fois Sacy levait la tête et épiait son visage : chaque fois Violette rentrait, tendue, raidie, et avec une sorte de révolte s'appliquait, toute droite, contre la cloison.

Le dîner fut pénible. Madame Danel demeurait silencieuse. Le capitaine Danel avalait vite. Comme pour mettre ses hôtes à l'aise, Sacy, le visage levé, contait :

— ...UOphélia venait de doubler le Cap de Bonne Espérance. C'était le soir: je me reposais dans ma cabine. Un Indien, sans frapper, entre, haletant, les yeux hors de la tête : « Capitaine, je Yai vu. Il a couru derrière moi jusque dans l'entrepont !... — Qui donc ?

L'Indien me regarde, met un doigt sur sa bouche et dit : « Je ne Le nommerai pas ! » Je devine vite de quoi il retourne. Je lui dis : « Ecoute-moi bien : la prochaine fois que tu Le verras, voici ce que tu feras ». Sur ce je lui administre gentiment un coup de pied au derrière.

Il me répond : « Le Capitaine rit, mais le Malheur fait route avec nous. »

« Quelques jours après, vers la nuit, on vient m'appeler en toute hâte. Qu'y

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