‹ L'OphéliaChapitre 27 sur 59 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

taine Danel.

Mais à lui aussi, son cœur étreinl de pitié s'était contracté et il baissa les yeux, ne pouvant voir devant lui ces prunelles, dilatées ainsi que si vraiment elles voyaient la Mort. Il fut effaré de cette idée fixe de malade qui, d'une façon foudroyante, s'était abattue sur sa faiblesse; cependant c'était plus fort que lui : nature ardente à trouver partout le beau, quelque chose comme de la joie en lui frémissait. Il était fier de l'âme de cette femme, sa femme, pour la vie de laquelle chaque jour il tremblait et qui, dans sa débilité, pensait à sauver de la mort un homme, un étranger et qui était dans toute sa force !... Il la serra contre lui.

— Oh ! mon grand ami, fit-elle avec un nouvel élan. Je ne t'ai pas dit toute ma pensée !... Je voulais te demander quelque chose... écoute et comprends moi :

« Ne va plus, comme tu le fais tous les jours, visiter pendant des heures son navire échoué ! Ça le torture ! Mets-toi à sa place : cela doit être un supplice pour un homme de sentir que sous ses yeux et comme de son vivant quelqu'un vit de son malheur et se prépare à exploiter sa dépouille... Tu n'iras plus sur son épave, n'est-ce pas?... Promets-le moi !

— Sois calme... coupa-t-il. Dors...

dors...

D'habitude il accordait immédiatement tout ce qu'elle lui demandait !...

Inquiète, elle sentit que l'impatience de sa nature avait la force d'une passion — et n'osa pas insister. Seulement elle murmura :

— Entends-tu le bruit déchirant que fait son pauvre navire ?

Amoureusement il la baisa sur les paupières :

— Ma chérie, écoute plutôt nos oiseaux...

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