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CHAPITRE XI

pirent de chaleur... Et, par instants, ces bouffées suffocantes de corail cru...

Allongée dans un pliant, les mains reposant sur sa jupe, comme en rêve, Madame Danel sourit à son mari. Elle ne s'est jamais, à vrai dire, sentie si contente, si confiante :

— Il me semble, maintenant, que dans notre maison, c'est une famille au complet !...

Son mari avait tant insisté que le Commandant venait à table, les matins et les soirs... ! Toujours, hélas ! sans dire grand chose... Cependant il était visible qu'il éprouvait le besoin de se rapprocher des autres ! Comme un homme qui sort du malheur ainsi que d'une léthargie, il commençait à lever les yeux autour de lui... « Et même, à des moments, ne dirait-on pas que le malheureux ne pense plus du tout à son navire et qu'il est heureux comme les autres?..» Le gros Cunold est là, le dos tourné au

piano et à la flûte. Sur son cou débordant, sur sa poitrine il a déboutonné sa veste. La sueur sourd de son front carré, de son nez, de son menton, de ses mains. Mais, prisonnier dans le linge qui est pour lui la camisole de force que la société impose, il ne fait pas un mouvement pour s'essuyer. Il tette son brûle-gueule. Le tabac et la fumée — qui l'isolent en plein salon — rendent à cet attardé la somnolence primitive des bcucans.

— M. Sacy, je vous prie, relance d'une voix pressante Madame Danel, joueznous encore un morceau... Vous nous procurez tant de plaisir à tous !...

Le Second ne se faisait jamais prier... Quand on le remerciait de quelque chose, il répondait : Bienvenu.

— Je vais vous donner ce que nous appelons là-bas le Pot-Pourri canadien... Mais que je vous explique d'abord...

C'est un peu, s'il vous plaît, com-

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