‹ L'OphéliaChapitre 41 sur 59 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

LE capitaine Danel lui-même n'y comprenait rien : le paquebot de la Deutsche Ost Afrika Linie qui faisait Bombay, Mahé, Zanzibar, Darès- Salam, Quilimane, avait déjà plus de deux semaines de retard !

On était aux derniers jours d'Avril.

Depuis longtemps l'équipage de YOphélia avait fini de débarquer tout ce qui pouvait être transporté. Les Indiens, les Chinois avaient, pour ainsi dire, enlevé le travail : ils y allaient en vitesse et en chantant, comme s'il se fût agi de

piller le navire pour leur propre compte !

Tout le chargement sous des prélarts à l'abri de la pluie, ils s'étaient mis, eux, à l'abri du soleil. Ils avaient tendu deux tentes... Dans l'une campaient les Indiens, dans l'autre les Chinois. Ces hommes qui, en mer, dormaient côte-àcôte dans le même entrepont, sitôt à terre cantonnaient à part sur « les pas géométriques ».

Ni les uns ni les autres, sans s'être rien dit, ne se montraient curieux de s'avancer dans cette île... Ils ne sortaient des tentes que pour aller à la mer. Les Indiens, à croupetons sur des blocs de madrépores, la chevelure lâchée sur le dos, comme des femmes, lavaient le linge. La mer, mollement, inondait les palétuviers. Ce sont les premiers arbres que l'Océan Indien fait verdoyer sur les rivages de coraux. Quand il se retire, leurs racines déchaussées apparaissent

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