CHAPITRE XIII
blanchâtres comme des ossements dans la vase, où, vermine de la mer, grouillent des crabes rouges.
Soudain, avec un long soupir, un Indien se dressa sur sa roche, la main audessus des yeux, regarda, cria :
— Ouah !... Le voilà !
Assis dans le sable, les Chinois demandèrent avec ironie :
— Qui ? Le navire allemand ?
Il répondit :
— Non ! Commandant Gorille !...
Tous les matelots se levèrent : depuis
le naufrage, c'était la première fois qu'ils le voyaient sortir de la maison.
Au loin, le Commandant Cunold marchait à côté de Madame Danel. Ils s'éloignaient lentement sur l'herbe rase, triste, vers cette partie de l'île où l'on fouillait le guano.
— Oh ! Oh ! mais aguettez-le donc : la femme cause avec lui et il prend la peine de se tourner pour répondre !
L'Indien à la jambe cassée qui, tout le jour, se chauffait au soleil à la même place fit la grimace et dit :
— Le Gorille tourne le dos à son navire... Et pendant ce temps le maudit petit homme monte sur son remorqueur, grimpe tous les jours sur le bateau et rôde dedans !... Ouah là !...
Aussitôt qu'il pouvait s'échapper du Laboratoire à guano, le capitaine Danel, en secret, se dépêchait d'aller sur YOphélia. Les autres navires qui avaient échoué à José d'Aréna étaient des voiliers : celui-là était un vapeur !
Vif d'esprit, vif de cœur, le Capitaine a l'amour de tout ce qui palpite. Il a la passion des machines.
Ancien élève des Frères, tout ce qu'il sait, ce n'est pas dans les manuels qu'il