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CHAPITRE XIII

émancipé, affranchi de toute discipline d'esprit, des polices ici inutiles, de l'éducation, de l'instruction, du Code, et qui donnait son plein. De la volonté ; mais surtout une volonté qui a des ailes : l'audace !

Il sentait bien qu'intérieurement les Européens — même ceux qui l'appréciaient le plus d'amitié — le jugeaient non sans méfiance un peu « pirate ».

Lui, debout, pensait d'eux : « Tas de flemmards ! » Et après tout, oui : « Pirate »!... Cela ne provoquait que plus gaillardement son besoin non tant de gagner que de créer, non de piller, mais de bâtir !...

Sitôt débarrassé de ses hôtes, « le Capitaine-reste-à-terre » comme il s'appelait en riant, ferait venir des équipes des Seychelles et des Mascareignes, démonterait lui-même les pièces importantes de YOphélia et les ferait dresser dans l'île. Avec les cabines et les cou-

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chettes : de vastes dortoirs pour les contremaîtres et les ouvriers; chaises et tables des salles à manger : grand réfectoire. Cuisines modernes. Salles de bain pour tous... Il aurait son pavillon d'électricité, sa forge, ses docks, corderie, glacière, frigo, ses ateliers de bois et ses chantiers de fer, avec treuils et rails pour le guano jusqu'au port... Eh quoi I José d'Aréna aurait son Port !... Comme un homme dont l'esprit reste toujours sur la mer et qui, de là, juge la terre, il voyait déjà du large, ainsi que de

la proue de son remorqueur, la série de bâtiments qui s'allongeraient au fil de son île, laquelle de petite exploitation en camp-volant prenait allure de Colonie !

Une fois dans VOphélia, il se précipitait vers la cage des machines, y passait des heures; il pénétrait dans la chambre des turbines. Et là, tandis qu'il examinait, tandis qu'il apprenait, il sifflait...

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