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CHAPITRE II

dant, sans se retourner.

A la lumière de la lune Sacy se porta sur la carte.

— 10°03'00" de latitude Sud par

40°27'15" longitude Est. A 200 milles à l'Ouest la Côte d'Afrique, à deux milles vers l'Est José d'Aréna, — un îlot, désert je crois.

— Le canon tout de même ! ordonna le Commandant.

Le second transpirait froid; il épongea son front et réfléchit :

— Non ! qu'il y ait là des sauvages, le bruit du canon les rendra immédiatement hostiles... Des fusées plutôt !

Mais il fallut attendre que la lune se fût couchée. Elle étincelait sur toute la mer qui, maintenant, semblait ruisseler, et des dauphins, par grandes lames noir et argent, bondissaient dans !a clarté.

La lune ne s'éteignit qu'à deux heures du matin.

Alors le feu d'artifice fut tiré sur l'a-

vant : à l'embrasement pourpre des feux de Bengale, on voyait les Chinois et les Indiens se masser sur le pont, mais en faisant toujours bande à part.

Ils avaient aussitôt enlevé de la cale leur sac à linge et, assis dessus, comme s'ils avaient l'habitude des incendies et des naufrages, ils attendaient...

Sacy savait qu'il est très facile de faire naufrage; mais jamais il n'aurait pensé que cela se produisît si vite et se passât si simplement. « Mais où donc le Gorille s'est-il terré ? » se demandaitt-il. « Serait-il allé encore se whiskyter ?

Le Commandant Cunold s'était retiré dans sa cabine : un quart d'heure après il revint, à pas comptés.

Il s'était habillé. Un large veston blanc, que faisait bomber sa poitrine géante, tombait bas sur ses jambes trop courtes. Il ne se vêtait que quand il fallait descendre dans un port. Un grand casque plat recouvrait sa tête jusque sur

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