‹ L'OphéliaChapitre 50 sur 59 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

JE vous en prie, Commandant, par Déjà, les deux fois précédentes, en s'ingéniant, elle avait réussi à le conduire vers le bord de l'île d'où il ne pouvait apercevoir l'épave...

Il secouait la tête et montrant le rivage d'où pointaient les mâts de YOphélia :

— Aujourd'hui, fit-il, je veux voir mon navire ! Et pour se dispenser d'en dire plus long, il remua dans ses poches des trousseaux de clefs.

Derrière lui, elle marcha sans parler.

A mesure que ses pieds s'enfonçaient

dans le sable, elle se sentait elle-même enfouir dans le silence... Elle avait eu encore de la fièvre cette nuit... Le bourdonnement doux de la quinine, qui l'assourdissait, se confondait avec celui de la mer qui, au large, scintillait. Il lui paraissait aussi voir tout à travers une buée qui ouatait ses sensations. Seuls, par moments, des souffles de la mer brusquement traversaient cette brume, pénétraient droit en elle : alors son cœur, surpris, battait.

— Commandant, voulez- vous d'abord venir voir nos oiseaux? Vous serez surpris de constater comme ils sont bons et peu farouches : ils jouent à tourner autour de moi avec l'air de vouloir se poser sur ma capeline.

— Non ! dit-il bourru.

Il détestait tout ce qui chante.

— Mon mari, lui, a la passion des oiseaux. Quand il était petit, il n'apprenait bien ses leçons que près de la volière..*

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