‹ L'OphéliaChapitre 52 sur 59 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

merci, il n'y a pas encore eu de mort à José d'Aréna... Nous avons donné ce nom à cet endroit à cause de sa mélancolie- Mais aussitôt elle se retourna avec un frisson :

Le Commandant Cunold s'était arrêté, silencieux. Les bras croisés sur sa haute poitrine, en face de lui il regardait VOphélia.

Rien n'est noble comme un navire échoué sur un récif quand la marée basse le découvre ! La quille du steamer, peinte jusqu'à sa ligne de flottaison de ce vermillon qui défend les carènes des corrosions de la mer, éclatait dans toute sa longueur. Le bastingage, la dunette, les tentes découpaient sur l'azur austral cette clarté toute neuve qui signale les bâtiments à des milles et des milles. Et le soleil qui frappait en plein sur la grosse boussole de cui-

vre de la dunette, à l'arrière faisait reluire comme de l'acier la double hélice suspendue dans des gerbes de coraux.

Le Commandant, les yeux sur son navire, ne bougeait pas. Sa figure lourde ne trahissait aucun sentiment. Mais dans ses épaules rebondies, dans sa poitrine soulevée, sous ses bras croisés, on sentait la force contenir la colère comme un grondement.

— Commandant, vous l'avez vu...

maintenant rentrons !

. — Nô ! dit-il, d'une voix caverneuse. J'ai reçu hospitalité chez vous, il faut que je fasse pour dernière fois honneurs de mon bord !

Elle le regarda avec étonnement, n'osant croire... Elle sentait se dilater en elle la joie d'avoir inspiré chez lui de la politesse... Tellement touchée, elle ne put lui refuser ce plaisir.

Cependant la mer, en jappant, assail-

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