‹ L'OphéliaChapitre 7 sur 59 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

A peine eut-il accosté, un homme en bondit, escalada l'échelle et, écartant du bras les Chinois et les Indiens qui encombraient le pont, apparut sur la dunette.

— D'où venez-vous ? s'écria-t-il en français.

Le Commandant Cunold le dévisagea :

Il était petit, très brun, avec un visage aigu de pirate où, sous des sourcils rejoints, des yeux de charbon ardent braquaient leur feu comme une menace; il parlait extraordinairement vite, dur, et la célérité de ses gestes avait aussi quelque chose de violent qui saisissait.

Le Commandant, pesamment, répondit en français :

— De Durban, Monsieur.

— Où allez-vous ?

— A Yokohama, Monsieur.

De son casque, le petit homme frap-

pa sur la passerelle.

— Sacré Dieu !... Où aviez- vous donc la tête ?... C'est tout à l'opposé de votre route !...

Le Commandant Cunold bougonna.

Le petit homme l'examina curieusement. — Au large du canal de Mozambique il traîne de vieilles questions de pêcherie en litige entre Anglais et Français ; c'est à qui de s'espionner — et il se nomma :

— Capitaine Danel.

Et aussi vite que s'il dictait une dépêche :

« Ancien capitaine au long cours. Directeur de l'exploitation des Iles Australes. Concession française : Guano ».

Il s'arrêta, examina Sacy, ajouta :

« Formation et suractivité madréporiques inimaginables. Partout mouillages des plus dangereux : impossibilité de se passer de pilote ».

Et comme s'il commandait sur son

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