‹ L'OphéliaChapitre 9 sur 59 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ET la marée ?... demanda soudain Sacy comme par inspiration... Ne I va-t-elle pas nous décrocher ou, du moins, nous permettre de réparer à sec ?

— Pas de marée ici ! trancha l'inconnu. Si votre accident était arrivé sur la côte d'Afrique ou sur la côte de Madagascar, vous auriez pu compter dessus !

Elle est énorme sur les deux rives du Canal, très haute, très régulière, dixhuit cents mètres de retrait ; mais, ici au centre du canal, autour des îles, pas un pouce de marée !... Non, tout navire venant à José d'Aréna doit aborder l'île

par le nord et gouverner au sud... Le mouillage par dix mètres de fond !...

Visiblement le Capitaine Danel fuyait le regard de Sacy; il trépignait et ses mains se crispaient dans ses poches.

— Non! reprit-il, votre dernier espoir, c'est le vent qui peut tout à l'heure vous donner un coup de main...

— Quel vent ?

— Sud ou plutôt sud-sud-ouest.

Mais Sacy sentit parfaitement qu'il

ne disait pas ce qu'il pensait.

A neuf heures le vent se leva... Il parut que la mer, fouettée, allait ébranler YOphélia ; mais elle demeura comme agrippée au corail par plus d'une ancre. Une houle anxieuse, saccadée, frottait sa coque contre le récif... et ce fut, brusque, un grondement, tel un coup de mine sous-marin !

Sursautant, le Capitaine Danel dit :

— Laissez ! je vais voir dans la cale...

— Je descends avec vous! fit Sacy.

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