T. I, § VII
(2) La Pers3, par le J. Polak. Leipsig, 186d.
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dix ceutigrammes, sauf pour les habitants des bords de la Caspienne qui la doublent.
Passé cet âge, elle est devenue une nécessité indispensable. La seule période d'abstention est celle du Ramadan et elle est toujours respectée.
Celui qui ne dépasse pas sa ration est un sage : s'il va au-delà, il commet un vice; c'est ce qui arrive aux Derviches et aux Fakirs qui tombent vite dans l'intempérance afin de se procurer l'état de narcose : ils deviennent ïhériakis : le Thériakisme est donc synonyme d'abus.
Il y a cependant des gens qui, en dehors des Thériakis, éprouvent des désordres, parce que leur constitution est rebelle à l'opium : ils cherchent alors à le supprimer graduellement en y mêlant des proportions croissantes de cire jusqu'à disparition de la drogue. Mais il est d'observation que les états funestes sont rares en dehors des Thériakis qui arrivent souvent à la dose de 7 gr.
Il convient d'ajouter que les elïets délétères de l'opium sont évités par les falsifications auxquelles il est soumis : la plus commune consiste à prendre une décoction extractiforme de capsules sèches et de semences de rue sauvage qu'on mêle à l'opium : ceux qui s'y livrent sont les Thériac-Sayi, c'està-dire les routeurs ou frotteurs d'opium, qui le malaxent sur une planche jusqu'à consistance propre à être fumé en rouleaux gros comme un crayon et enveloppés ensuite de papier blanc enduit de sirop de raisin qui leur donne du luisant.
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Cette falsification est, en somme, une fraude, mais qui tourne à l'avantage du consommateur : quant au mélange de l'opium avec des substances aromatiques, il est admis et n'est pas moins profitable à la santé. Dans toutes les grandes villes de Perse, et notamment à Téhéran, on administre aux enfants à la mamelle un sirop opiacé qui n'est nullement défavorable et qui les calme.
Le gouvernement a souvent cherché à défendre l'usage de l'opiophagie mais sans y apporter de grandes rigueurs, car il n'est jamais obligé de sévir contre des scènes de désordre; il y a des exemples de suicide par l'opium, mais ils sont bien rares; d'ailleurs le fatalisme oriental est en opposition avec cet acte.
Lorsque des accidents d'empoisonnement se manifestent, on donne un peu de vin pour aider l'action d'un vomitif qu'on administre aussitôt après : le café vient ensuite et on termine par une aspersion d'eau froide sur tout le corps.
En résumé, l'abus de l'opium est rare chez les Persans, sauf dans quelques villes ; mais sans toutefois atteindre les proportions signalées par le Colonel Stewart qui, dans son ouvrage mentionné par Curzon, avance que l'opium est très usité à Birjaud, dont la population est de 14,000 habitants, sur lesquels près de cent meurent annuellement à la suite d'abus (1).
(1) Persan by the Hon. G. N. Curzon. M. P. Le livre de Slewarl a pour tilre : la Vallée de l'Héral.
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Il est certain que l'usage de l'opium tend plutôt à augmenter, ce qui est du reste une conséquence de l'accroissement de la production nécessitée par l'exportation.
En 1870-71, l'année fiscale a donné 1,520,000 fr. ; en 1880-81, ce chiffre s'est élevé à 21,173,000 francs. Rien que dans le Kliorassan, l'opium exporté s'élève actuellement à 37,000 livres pour l'Inde et à 14,000 pour Constantinople.
La culture du pavot dans la campagne de Yezd, remonte seulement à 1843 ; depuis lors, les champs de canne à sucre sont chaque année remplacés par cette culture infiniment plus rémunératrice (1).
Nous avons vu plus haut que l'on fabrique des cigarettes d'opium. Cette mode ne remonte pas à plus d'une vingtaine d'années, l'opiophagie avant cette époque, était seule en usage ; malgré les efforts du gouvernement, le fumage a lini par s'introduire; les plus hauts mollahs s'y adonnent, comme aussi les pauvres pogions qui y trouvent un remède aux maux dont ils souffrent, la pauvreté, les injustices, et qui y sont d'ailleurs portés par leur paresse.
Dans l'Afghanistan, la pratique de l'opiophagie se rencontre à peine, si ce n'est chez les voyageurs dans le but de se tonifier. (2)
(1) Cependant le mouvement semble se ralentir, sans doute à cause de la production chinoise, qui augmente cha(iue jour et abaisse l'importation exotique.
(2) C'est surtout le Tchers (Hascliich) qui y est mangé ou bien fumé.
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Nous en dirons autant pour ce qui se passe au Beloudiistan, pays inontueux, infertile ; là, les conditions misérables de l'existence ne permettent guère aux habitants de se procurer une substance aussi coûteuse que l'opium.
La vie nomade des peuples de l'Anatolie et de la Mésopotamie les préserve également de l'opiophagie habituelle : on ne la rencontre donc que très exceptionnellement et chez ceux qui ont des fatigues de route à supporter.
En Géorgie, en Arménie, au Caucase, l'opiophagie règne comme dans les autres pays musulmans.
Dans les grandes villes de Turquie et spécialement à Constantinople, elle semble entrer dans une phase de ralentissement : ce fait tient à ce qu'autrefois l'exclusion koranique des liqueurs spiritueuses était scrupuleusement observée tout autant que la peine des quarante coups de fouet infligée à tout infracteur de la loi. 11 en résultait qu'on cherchait l'oubli des misères dans les jouissances des narcotiques.
Aujourd'hui le mahométisme est devenu beaucoup plus tolérant : on use plus largement et plus ostensiblement du vin qui va se substituant peu à peu à l'opium : mais cette substitution reste jusqu'ici limitée aux classes riches qui s'assimilent les coutumes européennes : car les populations des petites villes et surtout celles des campagnes n'ont nullement rompu avec l'opiophagie.