Car la consommation indiquée est de 37 millions de kilo
grammes,
der à l’Indo-Chine une formule d'organisation de ce monopole et effectivement un fonctionnaire fut chargé par le Gouverneur Général d'aller présenter un projet à Pékin. La mort de Li Hung-Chang fit échouer ces négociations et différer l’exécution.
La grande difficulté est en effet, étant donnée l’organisation administrative actuelle de la Chine, de trouver un système de monopole applicable.
Des faits confirment cette hypothèse : c’est le vice-roi de Nanking qui essaie l’année dernière d'établir un monopole de l’opium dans sa province, c'est l'institution dans différentes villes et notamment à Pékin de magasins de vente officiels. Tout acheteur doit désormais présenter un permis : les uns pour les riches se délivrent sous la forme d’une petite plaque d'ivoire, les autres pour les pauvres sont de véritables pancartes très apparentes (80 cm. de long sur 10 em. de large) qu’on porte sur soi : il paraît même que les fumeurs s’habituent très bien à cet objet encombrant et le portent sans la moindre honte. Enfin un fait encore plus caractéristique c’est que certaines provinces voient l'application du fameux décret repoussée en leur faveur à une date indéterminée.
Si maintenant nous écoutons les témoignages
de voyageurs revenant de ces régions nous constatons combien nous devonsrabattre du chant de victoire du délégué chinois.
© M.le D: Legendre (1), qui fut six ans directeur de l’hôpital de Tchentou (capitale de la province Ja plus productrice), dit que toutes les fumeries fermées dans les villes ont été réouvertes aux environs ou sont devenues des fumeries privées ; que pendant trois ans de voyage dans les principaux centres de production il a toujours vu, en fait de réduction, le pavot gagner du terrain, accaparant le meilleur sol. « En mars dernier, écrit-il, durant mon voyage de retour dans toute la vallée du Ning et du Yang-Tsé, j'ai vu, sur une distance de 1.500 kilomètres partout la zone alluvionnaire absolument couverte de pavots approchant de la floraison... »
M. Jean Rodes, dans un long article très documenté paru dans le Temps, le 14 août 1909, écrit également à propos de ces réformes :
« Quant à moi, ce que j’ai vu, au cours de mon dernier voyage, ne m'’autorise pas à croire à un amoindrissement de la passion des Chinois pour