‹ L'opposition libérale sous l'empireChapitre 6 sur 9 · OPPOSITION LIBÉRALE SOCN I. EnPInK · texte numérisé non relu

OPPOSITION LIBÉRALE SOCN I. EnPInK

(]u'un avenir procliain peut amener. Us sentent ijue le temps passe et qne les ambiguités ne peuvent i}B« les eorappomettre ''t les gêner dans leur actiim. D'ailleurs, la farce est us^e ; elle ne trompe plus per- Mmie. Tout le monde sait à quoi s'en tenir. Mieux Tint eu finir tout de suite.

Comme nous sommes au prfmier rang, c'est nous foi naturollemont avons essuyé le premier feu. Mais attendez, vous aurez votre tour. Déjà vous avez pu voir de quelle façon dédaigneuse le Jojiriifil des Débals 1 traité votre livre lie la paix et 'le la fimire. Le Cewrier du Dimanche qui a trouvé le moyen de parler ie la Vie de M"' Schiretcbine, par M. de Kalloux, a prdé le plus profond silence sur la Théorie de l'impôt et sur \ea Majorais liltèraiies. Il se dit, dans les salons Men pensants, que vos dernières publications vous ont fait perdre beaucoup de votre popularité et que T08 livres ne se lisent plus. On répand, parmi les <lémocrates, le bruit qu'a Bruxelles vous ètos le commensal de l'ambassadeur de Russie. On démolit vos Mois; on les tient en quarantaine; on fait autour d'eux la conspiration du silence. Demander; à M. Chàudey l'il pense qu'une lettre de vous, lue :'i voix basse dans le coin d'un salon, attirerait sur lui la curiosité et lui donnerait limportance qu'elle lui aurait acquise, il j adeux ans

Cette belle tactique a produit un résultat, r"a été de rallier à l'Empire les trois quarts des gens de la Démocratie. Le Courrier du Dimanche peut en faire son ii>eâ ruipâ. C'est lui, ce sont ses équivoques qui ont jeté le trouble dans l'opinion publiitue et dêgoftté du

L OPPOSITION I-IHfchtAI.K SOIS L EMPIRE

n'a pas de sens; il ne peut aboutir qu'à la glorificatioai de Garibaldi. Et puis pcot-OQ juger avec lui 10,0( individus qui sont ses complices? Il e^t fort dangereq de faire des procès politiques, quand on a contre a l'opiniou. Ils tournent toujours contre le gouveroi ment,

i> L'Italie a besoin de Rome pour se constituer. C'est de la part de la France une mauvaise foi inique que de lui refuser sa capitale, etc., ntc. ■

Le Prince a déblatéré ainsi pendant trois quarts d'heure. Comme il ne peut rien garder sur le cœur, il faut en conclure qu'il n'a pas pu faire prévaloir ss politique et que l'Empereur est décida à maintenir le

Slittll 'l<IO.

a st-ptciiibre I8Q2.

On m'a donné communication d'un arliclo de Proudlion, Garibaldi et l'Unité /(«/lenne, publié dans le dernier numéro de l'Once de Publicité de Bruxelles.

C'est admirablement bien raisonné ; il y a, sur Iqb effets que produiraient en Europe la consommstioa définitive de l'unité italienne des passages qui donn»ront singulièrement à réfléchir aux publicistes belges, grands admirateurs de Mazzini et de GaribaUli; celuici, par exemple :

Laissez s'ncliever l'Empire itation. ei bicntàl vous tcrrci lii presse Iil>i''i'a1e et dcmoci'alique fairo voile faee el mettre à l'étude l'anneiloo lie lu Bel|;ique. IJae ri^ponili'i^z-vous, braves jourualistes belges, qui « savez qu'emplir vos uolonnes de Inrimes pariaiciines, lîcriteB tntr« lieux cboppea, quand, roua pivuanl pnr vos prnpi'Cï ri

niera d'accorder à l'anltË fran;ai!>c et lilcn réclamer pour I'uuIih iulicnne?

l'opposition LIDtRALE SOUS l'cMPIIIE HA

Mland, que j'ai vu co soir, a rciu une lettre ili? [hoa : notre ami affecte la plus grande tranquilles conséquences <le la imblication de sou ; mais Rolland, qui connaît liien les suscepttbiïs libéraux Ijruxi'IInis est convaincu que cette mentation ad homîiieiii causera à Proudhoa de s embarras.

n âcptembiT \mî.

» bruit d'unti dissolution du Corps législatif revient l'eau. Est-il plus vrai aujourd'hui qu'il y a trois ? Je ne le pense pas. Il n'y a pas plus de raison aujourd'hui qu'il y a trois mois pour anticiper le tf rmc légal. Li's motifs qu'on donne sont trop subtils. S'ils étaient fondés, la démocratie devrait se tenir en garde; c'est, en effet, une pensée rétrograde qui présiderait aux élections nouvelles. Les journaux liliéraux ne s'eu doutent seulement pas; ils acceptent la nouvelle d'unr dissolution prochaine comme un fait favorable à leur ise.

I faut attribuer la même valeur aux bruits de modiions ministérielles. La seule chose probable, c'e^i mplacement de M. Tliouvunol. Lo ministre des } étrangèn^s s'est, à ce qu'il paraît, embarqué I une fouie de questions diplomatiques, petites en Ijparencc, énormes eu réalité. Les affaires de Serbie et les événements du Monténégro lui ont fait une sitaation intolérable. Il demande â se retirer. On songe à lui donner pour successeur M. de Grammont, notre ancien ambassadeur à Home II est aussi question de nommer M. Chaix d'Kst-Ange ministn3 sans

274 l'opposition liuéuale sous l'empiae: •■

portefeuille; mais ce serait là une simple i^djonctktt '^ destinée à renforcer les ministres de la parole, cé^g. ' n'impliquerait aucun changement dans, le personâitlv ministériel. v.^^

15 septembre 1862. * '^^

L'article de Proudhon, Garibaldi et Vunité itaUemn^iM a causé à Bruxelles et dans toute la Belgique une émo- rtion profonde . Il y a un véritable soulèvement dans ; toute la presse belge. !

C est ce que m'apprend le numéro de Y Office de Puhlidtà que j'ai reçu ce matin. Tous les journaux de la Bel-i gique se sont mis aux trousses de Proudhon. Il essaye' de leur tenir tête dans deux lettres qu'il adresse anx^ directeurs de VOffice de Publicité. Mais il est visible» qu'il y a un mot d'ordre donné, et que Proudhon eiit d'ores et déjà considéré comme un ennemi dé la riati(H nalité belge. 3

C'est absurde, et dans une lettre à M. Detré, député' i de Bruxelles, Proudhon explique sa pensée en termes» ; très clairs. Mais je connais les Belges : une fois qu'on ] leur a dénoncé un écrivain comme étant l'adversaire i de leur nationalité, ils n'entendent plus rien, et ils sont disposés à se porter à toutes les extrémités. La seule hypothèse que la France puisse, à un moment donné, demander l'annexion de la Belgique, est à leurs yeux un outrage des plus sanglants.

Rolland est de mon avis.

Ces deux lettres, m'a-t-il dit, calmeront peut-être la première eiïervescence ; mais je n'en persiste pa& moins à croire qu^en présencede la coalition des journalistes belges et de tout les lettrés petits et

l'opposition LIUËHALE SUFS l'eMPHIF. 2"Î5

grands qui sont ençbaalés de liatli-c munDaie de popularité sur le do? ûc Proudbon, a position devient 1res diDicilu, pour no pas dire impos-i sïMecn Belgique. Jusnig fort aise d'apprendre que ïous avnnceï ïotre départ de quelques joui-s ; un ami, dons de pureilles circonstances, est ilcasi feis le liiunvenii.

Mon intention est en effet de partir immt''diateni8nt pour Bruxelles, quoique la ilate d'ouverture du Congrès soit encore éloignéo; je serai bien aise d'être là pour venir en aide à Proudhon, s'il y a lieu.

La première chosf ([ui! j'ai faite, en arrivant à Bruxelles, c'a été de me transporter chez Proudhon, En arrivant à Ixelles, j'aperçois, aux abords de la rue du Conseil, des affiches placardées sur tous les murs. C'est une proclamation du collège éclipvînal li'Ixelles ; elle est conçue en termes qui nie donnent une certaine inquiétude. Cette proclamation ressemble àane provocation.

Jesonne à la maisun de la rue du Conseil qu'habite Prondhon; je remarque aux fenêtres des vitres cassées ot des traces d'agression.

C'est M""* Proudhon qui me reçoit. Proudhon est parti hier pour Paris, r^ous nous sommes croisés en' route. M"'" Proudhon me donne en quelques mots les motifs de ce départ si précipité.

Mardi, vers 9 heures et demie, un groupe d'hommes et de gamins portant un drapeau et chantant la Braban- «jomie s'est porté vers la maison et s'esi mis à cr.er d'une façon significatiie : Vive In Belijiqiie! A bas tes annexionnistes! Il a suffi de l'apparition de deux sergents r ^ssiper le rasî emblement.

L'on>eSlTION l.rilËAALE NULS CfVttfiZ

Mais hier, «eT<credi, la manifestation a pris un mnt tèrt! plus gi'av«. Cela ressemblait à une tentative d'émeute. On a Jeté des piiTres dans les ^étres ; onl ea&^yé ào forcer la porte de la luaisun. Le rappel a.éti battu ; la rue du Conseil a élè fermée aux deux extfiimités. La foule n'a pris le parti de se dissiper qa'aprè) plus d'une beure de cris et do vociférations.

Proudlion, s'apercevant qu'il lui serait difficile iIe convertir toute une population éparée pour le moment et jugeant d'ailleurs que la Belgique n'offrait plus pour lui ua asile sur. s'est décidé à rentrer en France. U désire seulement qu'on ignore le parti qu'il a pris ut qu'oH croie au contraire qu'il n'a pas quitté Bruxelles.

J'ai rencontré un certain nombre de journalistM français venus poui- assister an banquet donné à Viotû^ Hugo à l'occasion de la publication des Miséitihles. remarque qu'ils ne se préoccupent pas beaucoupâece qui arrive à Proudhon. Ils ont l'air d'ignorer l'iBCident.

19 septembre 18tiî.

J'ai déjeimè aujourd'hui chez un libéral belge cii <:ompagnie de Pelletanet de Charles Hugo. OuaafEeci»

de ne pas me dire un seul mot des manifestations qui l'u lieu à IxcUes. Peut-être aussi l'agitation n'6Slre% qu'à la surface, et que les gens éclairés répugnent, i; se mettre à la suite d'un Detré.

Je suis allé avec M""' Froudhnn chez M. Lebègue, ^ leur de VOffice de Publicité. Il ne m'a pas fallu ua Ion examen pour découvrir que M. Lebègue n'est qu' poule mouillée et que de plus il est complètgmei

^L-ptcmUrc 186i.

'VflHio^ par sa femme . espèce de virago braLançomie. 1)1)1 tient \es livres lie la maison %% ifui enteiiil n'être pas troublâfl «lans son commerce de papier noirci.

M. l^fègufî, ou platàt M'"" Lebègiie, nous adéclari' m-s [(ttt(ement que VOf'fke de Publicité n'insérerait

tle troisième article de Proudhon sur la question tano. Cet article devait servir de réponse à VÉcko mi'iementet à ses c<mgénères de province, e brave couple ne veut pas voir se renouveler rue des Jardins-d'Idalie les scènes qui se sont produites ne du Conseil.

^H^quebutde nii>nvoya^''eétiût de voir Proudliow I

^^K conférer avec lui de fai;on à dissiper les nuagss' f

^^Kêtaient élevés entre nous. Le Congrhclex A'nencss, j

^^Efes n'était pour moi qu'un prétexte. Du moment

■^e Proudhon était parti pour Paris, je n'avais plus

rien à faire à Bruxelles. J'ai donc pris le premier ti'ain

«ipressel je sui.s revenu ici.

Ua première démarche a et'' de prévenir Rolland. Ldî seul peut me donner l'adresse de Proudhon, que ni M"' Proudhom ni M. Lebêgue n'ont voulu me révékr. Rolland m'apprend que Proudhon est an-ivé à Paris le jour même de mon départ, et ce n'est qu'après bien des hésitations qu'il consent à me faire savoiique notre ami habite VH'Uel de la Paix, faubouî'j; Montmaitre.

Proudhon ne se cache pas ; mais, autant que poss-ible il dissimule sa présence à Paris, jusqu'à ce qu'il ait tiré au claii' la situation que les derniers incidents

ils l'opposition libérale sous l'empire

lui ont fait à Bruxelles. Il compose d'ailleurs um brochure en réponse aux Detré et consorts, et jusqu'à ce qu'il l'ait achevée, il désire écarter les visiteurs et les curieux.

Je lui ai écrit ce soir pour lui demander si, après le voyage que je viens de faire à Bruxelles, il lui serait agréable de me voir.

31 septembre 1862.

Proudhon m'a répondu ce matin :

Dimanche matin, 21 septembre.

Mon cher Darimon,

J'ai bien regi'etté votre départ un peu précipité, puisque l'époque du Congrès n'était pas encore arrivée. Je vous remercie d'ailleurs de la visite que vous avez faite à ma femme.

Puisque vous êtes disposé à me venir voir, auriez-vous Tobligeance de passer Hôtel de la Paix, rue du Faubourg-Montmartre, 64, n* 18, au 5^, entre une heure et deux heures. De la sorte, j'aurai une matinée entière, vous, la vôtre, et personne ne se gênerait.

Je prépare en grande hâte un deuûcme article sur la question iU lienne et vous pensez bionique je ne travaille pas pDur me rameùer les Bruxellois. Seulement je désire en finir au plus tôt avec cette fantaisie garibalbienne, puis prendre quelque repos, et préparer mon déménagement.

Amitiés,

P.-J. Proudhon.

J'ai trouvé Proudhon dans une espèce d'hôtel borgne, où il occupe une chambrétte plus délabrée et plus étroite que celle qu'il habitait en 1848, rueMazarine»

Sur l'unique table étaient étalés des papiers, des brochures et des journaux.

Quoique l'entrevue ait été cordiale, il y a eu un peu de gêne entre nous; les dissidences ont été trop profondes pour ne pas avoir refroidi notre amitié.

L'OPFOSIT10\ LIUËUALE sois LOPIIIK

|/ai raeonti? à Proudhuu les impressions que mon prf séjour à Bruxelles m'avait permis de recueillir.

lit convenu avec moi que le séjour de la Belgique

l^tait maintenant liien difticile. Il fait tous ses

j pour mettre les rieurs de sou côtf-, diit-il se

lier à tout jamais les portes de Bruxelles.

rai rencontré M. de Morny à la première représenlon des lorpsses de l'aïuoiir. Je l'ai complimenté sur i nouveau titre de duc, eu lui disant que l'honneur iffl rejaillissait en partie nur le Corps k'^gielatif, II a paru flatté de cette banalité qui pour moi équivalait à un bonjour un peu plus accentué. " Ce sont surtout les considérants du décret qui m'ont fait plaisir, » m'a dit notre président. Comme je ne me rappelle pas les considérants du décret, je n'ai pas pu partager la joie ia nouveau duc. Mais j'ai profité de la circonstance [ttur l'interroger sur la politique du gou\ ernement.

J'ai demandé à M. de Mi'rny ce qu'il fallait penser

(les bruits de dissolution à courte échéance qu'on con-

liuue à répandre. Il m'a répondu qu'ils n'avaient aucun

^Mdement et que la Chambre fournirait paisiblement

^■arriére.

^BMais, a-t-il ajouté, les choses tournent de telle façon <jail est peu probable que je reste à la présidence. Si certaines influences qui cherchent à peser sur les résolutions de l'Empereur parviennent à triompher, je ne resterai pas. "

— Quoi donci lui ai-je dit, veut-on marcher en arrière ?

l'opposition i.ikéralk sors l'empihk

— En ce qni concerne la politique intérieure, non, m'a-t-il répondu, mais il n'en est pas de même au poiol lie vne exti'Tieur. Là, l'influence de l'Impératrice pré^ vaut de plus en plus. On rêve des reculs impossibles.' .le ne puis m'associer à cp qu'on voudrait tenter. »

Leutr'acte était fini. Chacun regagnait sa place. Je n'ai pu en savoir davantage, attendu qu'à l'autre entracte, M. de Morny était fort entouré et qu'il m'était impossible de reprendre la conversation.

IG iKU)bre I8G3.

Le mouvement de recul que m'annonçait, il y a trois jours, M. de Morny, commence à s'effectuer. Un décret, ipii a paru ce matin au Mniiileur, annonce que M, Droujn de Lhuys remplace M. Thouvenel. La France, en outre, nous fait savoir que M. de La Valette ne retournera pas i'i Rome. Le bruit a couru enfin à la Bourse que M. it Persigny et M. Fould étaient sur le point de se retireï et que peut-être ils seraient suivis par MM. Ronher ot Delangle.

La nomination de M. Drouyn de Lhuys a donc une ^signification à laquelle il est impossible de se mépreii' (Ire. C'est le renoncement à toute équivoque sur la i[uestion italienne en général et sur ta question romaine en particulier. Les sympathies de M. Drouyn de Lhuy( sont bien connues; on sait qu'il est un des défenseui^ les plus acharnés de la souveraineté temporelle du l*ape et qu'il n'a jamais accepté le mouvement italien que sous bénélice d'inventaire. C'est sa propension à favoriser la politique autrichienne qui a motivé dans le temps sa sortie éclatante du ministère. A moi

le temps ot que les évêuements n'aient apporté des codifications dans ses sentiments, M, Droujn de Lhuys I r^résentera donc dans le ministère un système qu'on I croyait bien et dûment enterr*^ : le principe consen'aleur pria pour base dr In politique étrangère. C'est l'antithèse de la politique suivie dt^puis 1859.

La retraite de M. Thouvenel entraînait un changeuient dans le personnel des ambassadeurs. M. de La Valette et M. Benedetti qui représentaient, l'un à Turin, l'autre à Rome, la politique de M, Thouvenel, tiennent d'être remplacés. Le premier se retire, l'autre lattendu qu'on le remerciât.

Ces changements accentuent davantage la nouTelle politique inaugurée par l'arrivée do M. Drouyn ds Lhuy.s. Il est impossible que ces modifications dans le personnel n'entraînent pas des modifications dans leachoses. M. de La Valette ne pouvait plus retourner iiRome après la d&claration qui termine sa derniçre Jépêche; puisqu'il d«^sespérait de rien obtenir de la wiar de Rome, pourquoi serait-il resté à Rome ? Quant iiU. Benedetti, il s'était fait l'âme damnée des hommes J'Ètat italiens, prenant parti au lieu de chercher à concilier, montrant des préventions là où il fallait se garder de laisser entrevoir même des intentions.

Dans une lettre insérée au Moniteur, l'Empereur explique à M. Tliouvenel qu'il a cru devoir se séparer de lui, dans l'intérêt même de la politique de concilia- Ion quTl a loyalement servie. Cela veut dire que, dans «ne question où il Tallait du calme et de rimpartialité,

LOPFOSITION I.1DËIULE SOLS LEHPIBE

M. Tliouvenel a apiiortc' de la passion et de la viction. Il croyait l'unité italienno possible et il effli [iloyait tous ses efforts à démontrer que la papauté ('tait rebelle à tous les compromis. Les agents qoï avait en Italie semblaient avoir reçu pour mot d'orcW cette recommandation : mettre le Pape dans son t')rti Ce n'était plus la politique française qui dirigeait Iflft démarches de nos ambassadeurs, mais bien les seuls intérêts de Victor-Emmannel. L'Empereur parlait dam un sens; les ministres agissaient dan:^ un autre. Le machiavélisme italien s'était glissé dans les conseils du gouvernement impérial. On a voulu en finir avec cette équivoque qui rendait inintelligibles tous les actes da gouvernement français. Là est le sens de la retraite de M. Thouvenel, et s'il restait quelques doutes à cet égard la lettre de l'Empereur les lèverait tout à fait.

Je comprends maintenant pourquoi M. de Moray s'est montré si contraire à cette politique ; il suivait et encourageait les démarches de son ami M. de La Valette. Quant aux colères du Palais-Royal, elles a'eipUquent par ce fait que M. Benedetti était bien moiu: l'homme de l'Empereur que celui du Prince Napoléon.

26oetobi-e I8Q2.

La publication de la brochure de Proudhon: VUnAt^ et la fédération ilalieiine a coïncidé avec l'envoi d'ui» circulaire de M. DrouyiideLhuys où celui-ci déclareqnfr la lettre de TEmpereurà M, Thouvenelserviradebast aux négociations qui vont être ouvertes. La brochure de Proudhon, écrite certainement sous une inspiratio» toute différente, semble venir en aide à la politiqo*

du nouveau ministre. Aussi a-t-elle été accueillie avec ikyeur par la France et par la plupart des journaux conservateurs. Dans le parti démocratique, elle a excité les colères les plus vives. Les journaux pseudolibéraux déconcertés par cette attaque inattendue venant du grand révolutionnaire, ont fait le silence autour de cet écrit. On dit même que le Siècle a refusé de l'annoncer. « C'est de la politique cléricale, » aurait dit M. Havin.

2 novembre, 1S62

Les journaux pseudo-démocratiques mis en demeure par les feuilles cléricales, se sont enfin décidés à parler de la brochure de P.-J. Proudhon. Ils y ont mis une solemnité grotesque. Le Temps^ la Presse^ ÏOpimon nationale et le Siècle ont fait paraître leurs articles d'appréciation le même jour. Evidemment c'est pour faire croire au public que, sur cette question, il y a unanimité dans le parti démocratique. L'effet contraire aété produit. Comme on sait-que les journaux reçoivent souvent leurs inspirations du ministère de l'intérieur, c'est à M.dePersigny qu'est revenu seul l'honneur de cette tactique. On a dit que les journaux avaient obéi à un mot d'ordre et que leur unanimité étai le résultat d'une pression officielle. On a fait mille commentaires sur leur lâcheté, et peu s'en est fallu que Proudhon n'ait eu les rieurs de son côté.

La vérité, c'est que le parti démocratique a fait fausse route sur cette question de l'unité italienne e qu'il ne veut pas en convenir. C'est à ses yeux une trahison que d'avoir un autre avis que MM. Havin ot

tluéroult. Les plus courageux tremblant devant cett tyrannie. J'ai vu des démocrates, et des ]yilus ho^ Ilotes qui, iljasixmois, s'étaient prononcés en faveurde la fédératioQ italienne, et qui, à la vue du déchainement qui s'est produit contre Proudhon, répudient leurs opinions de la veille et qui nient même avoir fait réloge de la fédération.

5 novembre 1863

l'roudhon prépare une nouvelle brochure sur Tunité italienne, cette fois en réponse aux attaques de la presse française. Il m'a fait demander les article^! publiés par Pej-rat dans la Presse, et de plus, il insiste plus particulièrement là-dessus, une liste aussi exacte (lue possible des journalistes et brochuriers qui ontété décorés par Je gouvernement italien.

Diable! la liste sera longue I

La discorde est au camp ministériel. Cela se voit rien qu'à l'attitude des journaux officieux. Le Conslitutionnel et le Pays, placés sous l'influence immédiate de M. de Persigny, continuent à agiter l'opinion dans le sens de la politique de M. Thouvenel, u'est-à-dirp qu'ils persistent à accuser la Papauté de toutes les difficultés qu'éprouve l'Italie à se constituer. M. dePersigny leur vient en aide par ses circulaires et par ses publications rétrospectives. La circulaire, envoyée aux , préfets sur l' avènement do M. Drouyn de Lhuys, a for^ii tement ennuyé le nouveau ministre, qu'elle représente aux populations comme devant continuer la politiqu»']

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