‹ L'Opposition sous les CésarsChapitre 110 sur 206 · Quint., IX · texte numérisé non relu

Quint., IX

2. J’ai tort de dire qu’il mourut de vieillesse . il était en effet très vieux alors, mais saint Jérôme nous apprend qu’il mourut d’une indigestion.

l’opposition sous les césars.

par les tons hardis et crus ; au lieu d’une allure régulière et calme, elle avait dans sa marche quelque chose de heurté et de violent. Renverser toutes les limites des genres, introduire à tout propos la poésie dans la prose, abuser du pathétique, pousser l’énergie jusqu’à ses derniers excès, ne laisser jamais aucun repos à l’esprit, l’éblouir et l’exciter sans cesse par l’imprévu des pensées et les lueurs du style : tels étaient les principaux caractères de cette éloquence nouvelle. Elle était née, vers la fin du règne d’Auguste, d’une sorte de réaction des esprits comprimés et mécontents. Cultivée d’abord par d’anciens républicains, Cassius Sévère et Labiénus, gens fougueux qui dès le premier jour l’avaient portée à l’extrême, elle avait jeté un éclat étrange au milieu du calme apparent de l’empire. C’était celle aussi qui convenait le mieux aux délateurs. On a peine à se les figurer demandant la tête des honnêtes gens avec des phrases de Cicéron. Au contraire, cette façon de parler plus brusque et plus déréglée, cette énergie de pensées, ces violences de style, semblent faites pour eux : aussi voiton qu ils se rattachent généralement à la nouvelle école. Fulcinius Trio, l’un des premiers délateurs, en faisait partie, et Tibère, qui, comme Afer, était un classique, se crut obligé de lui bien recommander « de prendre garde aux écarts d’une éloquence trop emportée1 ». Il en était ue même de Régulus. Un jour qu’il causait avec Pline et qu il le raillait de ses précautions oratoires, de ses longs développements, de toutes ces lenteurs renouvelées de Cicéron : « Moi, lui disait-il, je saute sur la cause et je la serre à la gorge2 ». C’est bien ainsi qu’on se le figure,

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