‹ L'Opposition sous les CésarsChapitre 131 sur 206 · Sat., lie · texte numérisé non relu

Sat., lie

2. Pline nous apprend que, du temps de Néron, six propriétaires possédaient la moitié de l’Afrique ( Hist . nat., XVIII, 6).

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nombre d’esclaves pour assiéger et prendre Carthage, s’il le voulait ». D’autres serviteurs sont en route, qui lui apportent plus d’argent qu’il n’en a perdu, et ils ne peuvent tarder d’arriver. En attendant, il tousse, il gémit, il paraît ne toucher à aucun des plats qu’on lui sert, il parle de sa mort prochaine, il change tous les mois son testament. La ruse a un plein succès. Les coureurs d’héritage, qui flairent une riche proie, s’empressent autour du vieillard et mettent leur bourse à sa disposition. Je laisse à penser si les amis se font scrupule d’y puiser. Chaque jour, c’est un plaisir nouveau qu’ils se donnent; les bonnes fortunes ne cessent pas. Les grandes dames et les gentilles soubrettes leur font des avances, les mères se disputent l’honneur de leur offrir leurs enfants : c’est à qui gagnera leurs bonnes grâces. Eumolpe, que ce jeu amuse, imagine les testaments les plus bizarres ; il se plaît à mettre l’avidité de ses héritiers à l’épreuve sans parvenir à les lasser. « J’entends, dit-il, que mes légataires ne touchent ce qui leur revient, quand je serai mort, qu’après avoir coupé mon corps en morceaux et l’avoir mangé devant le peuple1. « La condition paraît dure, mais Eumolpe ne manque pas de bonnes raisons pour la faire accepter ; il invoque l’histoire, il rappelle à propos Sagonte et Numance. «Nous savons, ajoute-t-il, que c’est une loi chez certaines nations que les défunts sont mangés par leurs parents, ce qui est cause que ceux-ci reprochent souvent aux malades, quand ils tardent trop à mourir, de rendre leur chair trop mauvaise... Ne craignez rien de votre estomac: il fera ce que vous souhaitez quand vous lui montrerez les grandes richesses qui payeront ce dégoût d’une heure. Fermez les yeux seule-

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