‹ L'Opposition sous les CésarsChapitre 146 sur 206 · Phars., I · texte numérisé non relu

Phars., I

2. Bernhardy, Grundriss der Ræm. p. 487 ; cmfangs a la Cæsarianer .

l’opposition sous lës césars.

pas pompéien non plus. Entre les deux rivaux il ne veut pas se déclarer. Les portraits qu il trace d eux, au début du poème, ne sont pas flattés. Il admire beaucoup l’activité de César, mais il la dépeint comme une activité malfaisante qui ne se plaît qu à détruire1 . c est la foudre qui s’échappe du nuage avec fracas et sème les ruines sur sa route. Les faiblesses de Pompée sont signalées sans complaisance : pendant que César achève la conquête des Gaules, le maladroit est resté à faire la police de Rome; rôle ingrat, qui soulève des haines ardentes contre lui et le diminue en le laissant voir de trop près. A la veille du jour où la guerre va décider de l’empire, « il désapprend le métier des armes ». Il se croit aimé parce qu’il est entouré de flatteurs ; il se croit puissant parce qu’il est applaudi de la populace quand il se montre au théâtre, « mais ce n’est plus que l’ombre d’un grand nom ». Les voilà tous les deux assez malmenés. Ce qui est plus significatif, c’est qu’il ne veut pas décider lequel avait pour lui la justice. — Quis justius induit arma ? Scire nefas 2. — Il tient à n’être d’aucun parti, ou plutôt il est contre tous les partis. Il leur fait un crime d’en être venus aux mains, il ne peut leur pardonner « d’avoir donné au monde le spectacle d’un peuple puissant qui tourne le fer contre ses entrailles, d’armées fraternelles qui se combattent avec une fureur impie ». Ainsi, ce qui excite la colère de Lucain, au début de son œuvre, ce n’est pas la perte de la liberté, c’est la guerre civile. Entre les deux partis, qui se combattent avec une fureur impie, l’indignation du poète ne distingue pas, et la faute consistant pour

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