Orelli
Oli SE TROUVAIENT LES MÉCONTENTS. 13
il se chargeait de construire ou de restaurer quelque monument ; les plus beaux qu’on ait découverts à Pompéi, le temple de la Fortune et celui d’Isis, les portiques et le théâtre, étaient l’œuvre de simples particuliers. Une inscription d’Ostie nous apprend qu’un magistrat, indépendamment des repas publics, des distributions d’argent et des spectacles de tout genre, avait à lui seul fait paver une longue rue, construit ou réparé cinq temples, élevé sur le marché un de ces petits monuments où l’on plaçait les poids publics et sur le forum un tribunal de marbre L
Il est probable qu’il en était dans tous les municipes de l’empire comme à Pompéi et à Ostie ; partout on faisait un point d’honneur aux citoyens riches d’embellir la ville qui les choisissait pour magistrats. La plupart des monuments qui décoraient alors les provinces, et dont il reste de si admirables débris, ont été élevés de cette façon, sans rien coûter à l’État ni aux municipes. Les empereurs encourageaient de tout leur pouvoir ces générosités. De tout temps les Romains ont beaucoup aimé la magnificence : il était dans leur caractère d’avoir du goût pour tout ce qui brille et représente ; mais le gouvernement impérial y tenait encore plus que la république, par suite de cet attrait particulier que les régimes monarchiques éprouvent pour la pompe et l’éclat. Il y avait des lois sévères contre ceux qui achetaient les anciens édifices pour les détruire et tirer profit des matériaux. En attaquant avec une vivacité singulière ce qu’elles appellent un commerce honteux et sanglant (fædum, cruentum genus negotiationis), ces lois ne cherchent pas seulement à défendre les souvenirs du