‹ L'Opposition sous les CésarsChapitre 16 sur 206 · Orelli · texte numérisé non relu

Orelli

l’opposition sous les césars.

pass j, elles veulent surtout épargner à l’œil l’aspect des ruines qui laisserait croire aux malveillants qu’il manque quelque chose au bonheur de l’empire. Ces monuments qu’elles protègent leur semblent faire éclater aux yeux de tout le monde la félicité universelle1, et c’est pour cela qu’elles mettent tant d’ardeur à les conserver. A chaque fois que l’empire respirait, après ces crises terribles qui compromettaient la sécurité publique, le premier soin du nouveau prince était de réparer les édifices qui avaient souffert pendant les troubles et d’en construire de nouveaux. C’est ce qu’avaient fait tour à tour Auguste, Yespasien et Nerva; ce dernier avait même prononcé une harangue, que Pline trouvait très belle, pour exhorter tout le monde à la munificence, et il en avait donné l’exemple2. Les gens riches imitaient le prince; ils s’empressaient d’employer ce moyen coûteux, mais sur, de conquérir la faveur de leurs concitoyens et les bonnes grâces du maître. C’est ainsi que l’empire entier se couvrit de monuments somptueux. L’admiration qu’ils nous inspirent augmente quand on songe que le plus souvent ils n’ont rien coûté au trésor public, et qu’ils ont été construits par des particuliers. Des grandes villes l’exemple passait aux plus humbles bourgades : les villages qui environnaient Vérone ou Nîmes tenaient à en reproduire les monuments , comme Nîmes et Vérone avaient copié ceux de Rome. Partout on construisait des théâtres, des temples, des aqueducs. Une inscription nous apprend qu’un petit bourg perdu de l’Apennin, dont le nom ne se retrouve dans aucun géographe ancien ou moderne, a fait réparer à la fois sa muraille de ciment,

1. Orelli, 315 : monumenta quibus félicitas orbis terrarum s plendet.

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