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l’opposition sous les césars.
Quand il écrivait ces vers, à la fin de son poème et de sa vie, quand il fixait ainsi le terme rapproché de la délivrance, il savait sans doute qu’il pouvait le faire. Peut-être, dès ce moment, la grande conjuration qui faillit délivrer Rome de Néron existait-elle; peut-être Scévinus aiguisait-il déjà dans l’ombre ce poignard qu’il avait é é prendre dans le temple de la Fortune. On nous dit que Lucain fut l’âme de l’entreprise et « qu’il promettait à tout le monde qu’il se chargeait de frapper lui-même le tyran1». Quels étaient donc les projets véritables de ce nouveau Brutus? que voulait ce partisan passionné de l’ancien gouvernement, qui tout à l’heure en pleurait la chute en si beaux vers, qui déclarait solennellement « qu’entre les Césars et la liberté, c’était un duel sans merci2 ». Sans doute, puisque l’occasion lui en est offerte, il songe à délivrer pour jamais Rome des Césars et à rétablir la république. — Il n’en est rien; les conjurés ne sont pas des républicains. Tacite nous les montre qui déplorent les crimes de Néron et la ruine prochaine de l’empire; mais ils ne trouvent pas d’autre remède à cette situation fâcheuse « que de choisir au plus tôt un homme qui répare tous ces désastres 3 ». C’est à peine si l’on en soupçonne un ou deux d’être des ennemis de l’empire4, les autres n’en voulaient qu’à l’empereur. Néron mort, ils ne songeaient qu’à mettre un autre prince à sa place. Ainsi le poète patriote, le
1. C’est au moins ce qu’on peut conclure d’une phrase fort peu claire de la vie de Lucain attribuée à Suétone (Reifferscheid, p. 51) : usque eo intemperans ut Cæsaris caput proximo cuique jactaret Peut-être faut-il lire : se oblruncaturum jactaret