‹ L'Opposition sous les CésarsChapitre 155 sur 206 · Ann., I · texte numérisé non relu

Ann., I

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médire. Ii annonçait surtout qu’il aurait soin de se prémunir contre la malignité « qui risque de séduire par un faux air d’indépendance 1 ». On ne veut pas qu’il ait tenu sa promesse, et la principale raison qu’on en donne, c’est que la passion qui l’anime ne lui permet pas d’être impartial. S’il s’agit de cette passion d’honnête homme qui enflamme tous ses récits, qui l’empêche de dissimuler sa pitié pour les victimes et sa haine pour les bourreaux, je ne veux pas l’en défendre. Son devoir d’historien ne lui commandait pas de raconter froidement ce qu’il regardait comme des folies ou des crimes. Quant à la passion politique qu’on accuse d’avoir troublé son jugement, on p*ut, je crois, affirmer qu’elle est absente de ses ouvrages. Ce n’est pas, je le sais, l’opinion commune. On le regarde ordinairement comme un fanatique2 que ses préjugés aveuglent, comme l’homme d’un système et d’un parti, qui en accepte toutes les préventions, qui en partage toutes les rancunes, qui s’est si bien mis sous le joug qu’il ne peut juger sainement ni les événements ni les hommes. Voyons jusqu’à quel point ces accusations sont fondées, et si c’est bien l’idée que nous donnent de lui ses ouvrages.

Il a plus d’une fois exposé ses opinions politiques en insistant plutôt sur ses haines que sur ses préférences. Il ne paraît pas d’abord avoir beaucoup de penchant pour le gouvernement populaire. Le peuple est trop inconstant, il ne sait ce qu’il veut, « il désire et redoute à la fois les révolutions3 ». Nous ne voyons pas non plus qu’il soit très partisan des régimes aristocratiques : « la

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