Ann., XV, 4B : navarum remrn cupims pavidusque
domination du petit nombre, dit-il, ressemble au despotisme des rois L » Même ce gouvernement tempéré et parlementaire, formé du mélange des autres, qui était l’idéal de Polybe et de Cicéron, ne le satisfait pas tout à fait : « Il est plus facile à louer qu’à établir, et fût-il établi, il ne saurait durer2. » Enfin il ne partage pas l’enthousiasme naïf que ses contemporains éprouvent pour l’ancienne république ; l’étude de l’histoire lui a enseigné que cet âge d’or fut trop souvent un temps d’agitations et de violences. Depuis les Douze Tables, on n’a plus fait de lois justes 3 4 ; avec la conquête du monde commence l’époque des convoitises inassouvies et des ambitions sans frein. «Alors s’allumèrent les premières discordes du peuple et du sénat. Ce furent tantôt des tribuns factieux, tantôt des consuls trop absolus. La ville et le Forum servirent de théâtre aux essais de la guerre civile1. » Ces tableaux du passé ne sont certes pas d’un homme qui le regrette beaucoup et veuille y revenir. Reste le gouvernement d’un seul; c’est celui sous lequel les Romains vivent depuis un siècle : Tacite l’accepte et s’y soumet. Ce qui l’aide à l’accepter, c’est qu’il ne le regarde pas comme un de ces régimes d’accident auxquels le hasard d’une bataille perdue condamne un peuple ; il lui paraît une conséquence inévitable des événements et la suite naturelle des fautes commises par tous les partis. Rome ne pouvait donc pas s’y soustraire; il le reconnaît au début des Histoires. Il lui semble qu’après Actium « l’établissement du pouvoir