‹ L'Opposition sous les CésarsChapitre 157 sur 206 · Hist , II, 3S · texte numérisé non relu

Hist , II, 3S

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d’un seul fut une des conditions de la paix publique 1 ». Ailleurs il insinue que le monde accueillit bien le régime nouveau, parce que l’ancien l’avait fatigué de discordes2. Il pense, avec Galba, « que ce corps immense de l’empire a besoin pour se soutenir et garder son équilibre d’une main qui le dirige3 ». Non seulement il se résigne par raison au régime impérial, mais on peut dire qu’il l’accepte sans regret, et en cela il paraît aller plus loin que beaucoup de ses amis. Même parmi les serviteurs les plus dévoués de l’empire, il devait s’en trouver qui n’arrivaient pas sans quelque peine à oublier le passé. Je me figure que Pline, malgré son affection pour Trajan, ne pouvait s’empêcher de soupirer quand il se rappelait l’éclat de l’éloquence ancienne et les succès des orateurs de la république. Que n’aurait-il pas donné pour vivre en ce temps où l’on gouvernait le peuple par la parole! Tacite ne paraît pas partager ces sentiments; il n’ignore pas sans doute ce que le talent oratoire a perdu d’influence depuis qu’Auguste a pacifié le Forum, mais il sait aussi ce que la sécurité et la paix ont gagné. Il n’envie pas ces succès payés de tant de fatigues et de périls. Il ne regrette pas le temps « où le peuple, c’està-dire les ignorants, pouvait tout ». Il aime mieux un peu moins de gloire et un peu plus de tranquillité. « Puisqu’on ne peut, dit-il, obtenir à la fois une grande renommée et un profond repos, que chacun jouisse des avantages de son siècle, sans décrier le siècle où il n’est pas4. » Ce sont là les sentiments d’un sage, mais d’un

1. Hisl.y I, 1 : omnem potestatem ad unum conferri paci% in - \erfuit.

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