Pline, Epist., VIII, 12; voyez aussi IX
2. Agric., 8 : peritus obsequi, eruditusque utilia honestis miscere.
300 l’opposition SOUS les césars.
rés, dit-il avec une vivacité qui sent la contradiction et la lutte, que les admirateurs de tout ce qui brave le pouvoir apprennent que, même sous de mauvais princes, il peut y avoir de grands hommes, et que la modération et l’obéissance, si le talent et la vigueur les accompagnent, méritent autant de gloire que cette témérité qui se précipite au hasard, sans profit pour la république, et court après l’honneur d’une mort qui fasse du bruit1.» Il est impossible d’être plus éloigné des sentiments d’un révolutionnaire.
C’est aussi cette répugnance pour tout ce qui lui paraît excessif, imprudent, chimérique, qui l’a prévenu contre la philosophie. Ici encore il s’éloigne des opinions de ce grand monde auquel on l’accuse de s’être livré tout entier. La philosophie y était en grande faveur, et son ami Pline, qui tient beaucoup à ménager ces gens d’esprit qui font les renommées, ne manque pas une occasion de lui prodiguer ses respects. Tacite au contraire s’en méfie, et ne le cache pas. Il dit ouvertement « qu’il ne convient pas à un Romain et à un sénateur d’avoir un goût trop vif pour elle », et accuse ceux qui la cultivent de passer d’ordinaire la mesure 2 ; il trouve que c’est un beau nom dont les fainéants se servent souvent pour déguiser leur paresse3. Ceux qui s’y sont acquis le plus de gloire ne lui plaisent pas tout à fait. Il est en général assez sévère pour Sénèque.
1. Agric., 42. Ce n’est pas non plus sans motif que dans un autre passage il rappelle que tout le monde a été complice des cruautés de Domitien : mox nostræ duxere Helvidium in carcerem manus, etc. En s’accusant ainsi lui-même, il se donne le droit de rappeler à plusieurs de ceux qui crient le plus fort contre le régime passé qu’ils l’avaient patiemment supporté tant qu’il exista.