‹ L'Opposition sous les CésarsChapitre 167 sur 206 · XII · texte numérisé non relu

XII

3. XI, 74. Je cite ce morceau et les suivants d’après l’excellente traduction de M Despois, qui reproduit si bien la verve et le mouvement du texte.

comme on voit, un dîner de Spartiate, et Horace recevait ses amis à moins de frais. Ajoutons que le service répond au menu. Sans doute on ne trouve pas chez Juvénal de ces maîtres d’hôtel, comme on en rencontre chez Trimalchion, véritables virtuoses qui découpent en mesure et avec des gestes de pantomime. Il a pourtant plusieurs esclaves : « Mes deux serviteurs ont même costume, cheveux courts et sans frisures, peignés exprès pour ce grand jour; l’un est le fils de mon pâtre, l’autre est le fils de mon bouvier ; il soupire après sa mère qu’il n’a pas vue depuis longtemps. Il te versera du vin récolté sur les coteaux d’où lui-mème il est venu à Rome, et au pied desquels il jouait naguère : le vin et l’échanson sont du même cru l. » Ainsi Juvénal possède un bouvier et un pâtre, il fait venir un chevreau de Tibur, sans doute de quelque propriété qui lui appartient, et il récolte sa provision de vin chez lui. Il n’eut donc pas besoin de mendier pour vivre, comme la plupart de ses confrères en littérature ; il n’était pas réduit au triste sort de Rubrénus Lappa, qui mettait sa pièce d ’Atrée en gage quand il voulait se payer un manteau, ou de Stace, qui serait mort de faim si l’histrion Paris ne lui avait acheté son Agave. Il ne se trouvait pourtant pas riche, et se mettait volontiers parmi ces gens de peu ( médiocres ) pour qui le monde est si sévère; mais n’a-t-il pas fait remarquer que personne n’est satisfait de son sort? Dans un passage curieux où il s’élève contre ceux qui sont insatiables, il essaye de fixer la limite où l’on doit raisonnablement s’arrêter dans la recherche de la fortune. Cette limite est pour lui le revenu de trois cheva-

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