‹ L'Opposition sous les CésarsChapitre 22 sur 206 · Tac., Ann., IV · texte numérisé non relu

Tac., Ann., IV

3. Mon. Ancyr., 34 : In consulatu sexto et seplimo postquam bella civilia extinxeram, per consensum universorum potitus re-

l’opposition sous les césars.

Ce n’était pas l’ancien gouvernement, détruit par César et par Octave, qui l’an 726 de Rome recommença d’exister; ce n’en était que l’apparence; mais cette apparence au moins, Auguste voulut qu’elle fût respectée. Il ne demanda plus pour lui aucun pouvoir extraordinaire1; il refusa obstinément la dictaiure ou le consulat perpétuel, et gronda le peuple qui, au théâtre, lui avait un jour donné le nom de maître 2 : il l’était pourtant, sans en porter le nom, et ces titres qu’il refusait n’auraient guère ajouté à sa puissance. Quoique rien ne parût changé, rien n’était resté le même. En conservant les magistrats anciens, le prince ne leur avait laissé que l’ombre du pouvoir, il en avait pris pour lui la réalité 3. Il y avait encore des tribuns du peuple, mais le prince s’était fait donner la puissance tribunitienne. Le sénat nommait des gouverneurs dans les provinces soumises à son autorité, mais le prince surveillait les mandataires du sénat comme les siens. Il levait et commandait les armées, il décidait de la paix et de la guerre, il était dispensé d’obéir aux lois qui gênaient ses pouvoirs exceptionnels, il avait enfin « le droit de faire, dans les choses privées ou publiques, humaines ou sacrées, tout ce qu’il jugeait utile à l’intérêt de l’État4». Voilà de quelle façon Auguste avait « remis la république aux mains du sénat et

rum omnium, rempublicam ex mea potestate in senatus populique romani arbitrium transtuli.

Page 1