‹ L'Opposition sous les CésarsChapitre 3 sur 206 · Epist., 95, 35: primum militiæ vinculum est religio · texte numérisé non relu

Epist., 95, 35: primum militiæ vinculum est religio

2. Tac., Ann., II, 17. Corp. insc. lat., III, 6224 : Dis militaribus, Genio, Virtuti, Aquilæ sanctæ, signisque legionis 1.

3. Il est bien entendu que je ne parle que des Césars, c'està-dire du premier siècle de l’empire. Plus tard, et surtout à partir des Sévères, l’armée a fait et défait des empereurs.

OÙ SE trouvaient les mécontents. lî

obtenir quelque adoucissement aux rigueurs du service ou se délivrer d’un centurion qu’on n’aimait pas. Les centurions étaient d’ordinaire détestés, et nous voyons qu’on leur donnait des surnoms cruels l. Gomme les nécessités de l’avancement les faisaient passer d’une légion à l’autre, il arrivait souvent qu’ils étaient étrangers à ceux qu’ils devaient commander. De mauvaises habitudes, qui s’étaieüt établies dans les camps, contribuaient à les rendre odieux. On permettait aux soldats fatigués ou enrichis d’acheter de leurs chefs des exemptions de corvées ; on fermait les yeux quand ils payaient pour obtenir la levée d’une punition. Ces tolérances engendraient beaucoup d’abus, et l’on comprend que les centurions avides fussent tentés d’augmenter sans fin les punitions et les corvées pour accroître ainsi leurs revenus. Quand le mal était au comble, les soldats ne le supportaient plus et se révoltaient. Tacite a raconté une de ces insurrections qui éclata dans l’armée du Rhin et dans celle de Pannonie à l’avènement de Tibère, et son récit contient des détails qui nous surprennent beaucoup. Nous sommes fort étonnés de voir qu’on parlemente avec les révoltés, nu’on leur permette d’exposer leurs griefs et d’envoyer leurs délégués à l’empereur. Ces complaisances et ces faiblesses ne nous semblent guère compatibles avec ce qu’on nous dit de la discipline romaine ; mais il faut savoir que cette discipline, quoique assurément fort rude, avait pourtant quelque chose de moins formaliste et de moins raide que dans nos armées modernes. L’obéissance n’v semblait pas imposée par la contrainte mais acceptée volontairement des soldats, parce qu’ils en sentaient la nécessité. Ils étaient quel-

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