Ad Att., II
3. Pro Balbo, 28 : in conviviis rodunt, in circulis vellicant, non illo inimico, sed hoc maledico dente carpunt.
l’opposition des gens du monde. 71
tence les avaient multipliés sans mesure sous l’empire. Les gens distingués y cherchaient surtout le plaisir de s’entretenir en liberté avec des amis l. Parmi ces conversations capricieuses et infinies, la politique, comme on pense, n’était pas oubliée. Celle qu’on y faisait après dîner, quand la chaleur du festin animait les convives et déliait les langues, n’était pas toujours favorable au gouvernement impérial. C’est dans un de ces repas que le préteur Antistius lut des vers injurieux pour Néron, qui le firent condamner à l’exil 2.
Il est moins aisé de savoir ce qu’on entendait par les cercles. Pour nous en faire une idée exacte, souvenons-nous d’abord des habitudes des peuples anciens : dans ces beaux climats ce n’est pas l’usage qu’on reste enfermé tout le jour chez soi ; on quitte au contraire très volontiers sa maison, et la journée se passe en plein air. Les habitants de Rome, quand ils n’étaient pas au théâtre ou au cirque, se promenaient parmi ces spectacles perpétuels qu’offrait aux curieux de tous les pays la ville éternelle. Ils parcouraient les rues, ils s’arrêtaient dans les carrefours, ils s’asseyaient, quand ils étaient fatigués, sur les bancs et dans ces exhèdres qui garnissaient les places publiques. C’étaient ces groupes d’oisifs, réunis pour regarder ou causer ensemble, qu’on appelait circuit 3. Il s’en formait surtout au champ de Mars et au forum, autour des charlatans qui débitaient leurs remèdes 4, des montreurs