Corn. Nep., Préf.t
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galanterie, assez étranger jusque-là aux sociétés antiques, et qui devait rappeler par moments les habitudes de notre dix-septième siècle. Voici le portrait que trace Martial d’un petit-maître de son temps : « Un petitmaître, c’est un homme dont les cheveux sont partagés par une raie bien faite, qui sent toujours les parfums, qui chantonne entre ses dents les chansons de l’Egypte et de l’Espagne, et sait agiter ses bras épilés en cadence, qui ne quitte pas de toute la journée les chaises des dames, et qui a toujours quelque chose à leur raconter à l’oreille, qui sait tous les cancans de Rome, et vous dira le nom de la femme dont un tel est amoureux, et quelles sont les sociétés qu’un tel fréquente, qui peut vous réciter par cœur toute la généalogie du cheval Hirpinus l. » Il me semble que ce petit-maître n’est pas très différent des marquis de Molière, et l’on voit qu’il a, comme eux, l’habitude « de ne pas quitter les chaises des dames ». Il y avait des gens à Rome que cette assiduité menait fort loin, et Tacite nous parle d’un consul, homme d’esprit du reste et railleur terrible, qui devait à la faveur des dames sa fortune politique 2.
Quand des hommes sont seuls réunis, on discute et on disserte; en présence des femmes on est forcé de causer. Sénèque a décrit à merveille ces causeries du monde où l’on effleure tout sans épuiser rien, et où l’on passe si aisément d’un sujet à l’autre3. En quelques heures la