Ici, I
l’exil d’ovide.
ordinaires et quelques autres encore qui tenaient au temps ; par exemple, elles étaient très superstitieuses. Les religions orientales, qui commençaient à prendre tant d’importance, n’avaient pas d’adeptes plus fervents. Elles prenaient part aux fêtes de la Grande Déesse, elles pleuraient Adonis de tout leur cœur, elles fréquentaient le temple d’Isis, et même y donnaient des rendez-vous, elles jeûnaient dévotement le jour du sabbat ; quand elles étaient malades, elles envoyaient chercher la sorcière plus vite que le médecin. On comprend bien qu’elles ne se piquaient guère d’être fidèles. Ovide, qui ne croit pas à la vertu des femmes, est d’avis qu’à la longue aucune ne peut résister, et que leur conquête n’est qu’une affaire de patience. « Persuade-toi, dit-il, que tu dois vaincre, et tu vaincras l. » Il prétend que Pénélope elle-même commençait à faiblir, et que son mari revint à propos. Il est vrai qu’elle avait mis vingt ans à se rendre ; c’est un bel exemple, et qui ne sera pas imité par celles à qui s’adresse l'Art d’aimer. Est-il besoin d’ajouter quelles étaient aussi fort avides ? Le poète se plaint amèrement qu’elles ne soient plus sensibles aux beaux vers. Homère lui-même, s’il n’avait que l’Iliade à offrir, serait mis à la porte. « Nous sommes vraiment dans l’âge d’or, dit gaiement Ovide; avec l’or on obtient les honneurs, avec l’or on se procure l’amour 2. » C’est qu’il en fallait beaucoup à tout ce monde léger pour suffire à tant de caprices ruineux, pour payer ces belles étoffes, <c dont les couleurs brillantes ressemblent aux fleurs du printemps 3 », ou ces