‹ L'Opposition sous les CésarsChapitre 76 sur 206 · Metam., XIV · texte numérisé non relu

Metam., XIV

Silvanusoue sui sempev juvenilior annis.

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sonnages. Ici encore le changement était moins grand en réalité qu’en apparence. La place qu’il prit dans cette société nouvelle était la même à peu près que celle qu’il occupait dans l’autre. On voit bien, quand on étudie la cause de son exil, que pour ces grands seigneurs il resta le poète des Amours et de l’Art d’aimer. C’est à leurs divertissements surtout qu’il prenait part, et il fut moins pour eux un ami dont on s’honore qu’un compagnon et qu’un confident d’aventures légères. Il a plus tard amèrement déploré ces brillantes liaisons qui ont aidé à le perdre. « Croyez-moi, écrivait-il du pays des Scythes, vivre ignoré, c’est vivre heureux 1 » ; mais il parlait autrement quand il était à Rome. La réputation de son talent et les agréments de son esprit le faisaient bien accueillir partout. Sa gloire littéraire l’introduisait dans un monde où sa naissance, quoique distinguée, ne lui aurait pas donné d’accès ; il y était l’objet des prévenances les plus flatteuses ; il y trouvait des séductions que son goût naturel pour l’élégance rendait irrésistibles. Quand ces grands personnages daignaient faire quelques vers à leurs heures perdues, ils étaient heureux de les lui lire, et en retour ils accueillaient avec reconnaissance ceux que le poète voulait bien écrire en leur honneur. Parmi ceux auxquels il adresse ses élégies, on trouve un Messala, un Græcinus, un Pompée, un Cotta, un Fabius Maximus, les plus grands noms de l’empire.

Ces belles liaisons ne lui suffisaient pas. Comme il succédait à la réputation d’Horace et de Virgile, il aurait bien voulu prendre aussi la place qu’ils avaient occupée dans l’intimité de l’empereur, et il semblait à tout le monde qu’elle lui était réservée. Auguste s’était

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