‹ L'Optimisme de SchopenhauerChapitre 23 sur 74 · I.A SOLLTI(»N nu (iHAND PnOHLKMK · texte numérisé non relu

I.A SOLLTI(»N nu (iHAND PnOHLKMK

bonheur indéfinissable, de joie vivifiante et d'affirmation propice dont il niait avec tant dâprelé la possibilité ontologique et intelligible. Les lignes célèbres qui terminent l'ouvrage capital de Scho[)enhauer, lignes déjà citées et dont le retentissement fut immense dans le monde philosophique, attestent qu'il ne s'agit point d'une hypothèse vague érigée par nous en affirmations arbitraires, mais d'une conclusion tellementévidente et irréfutable que lillustre métaphysicien de la volonté lui-même y désigne le Nirvana ou anéantissement final de la volonté de ce mot de béatitude dont le plus zélé philosophe eudémonistc se contenterait sans doute.

Et, encore une fois, rien de surprenant, rien d'illogique, dans cette évolution d'une philosophie géniale et d'une méditation aussi sincère et aussi profonde des grands problèmes... Si la vie, telle que nous la subissons en ce monde de misère et d'exil, est la pire des épreuves, si on y épuise vraiment les ressources infinies de la douleur — et nous croyons avec Schopenhauer que le mot de l'énigme, en effet, se résume dans cette belle métaphore d'un très noble poète français : la vérité sui- la vie, c'est le désespoir — même en ne tenant pas compte des raisons purement ontologiques cpii nous font croire à 1 existence nécessaire d'un prin-

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cipe positif, principe de renouveau, de lumière et de réconciliation, le fait môme d'avoir démontré que rcxislence à laquelle nous sommes condamnés est le plus atroce de toutes les existences possibles et l'image vivante du mal absolu, ce fait seulimplif[ue une autre affirmation. L'anéantissement complet de cet état de souffrances indicibles qu'oflrent au penseur le spectacle et l'agitation du monde, ce Nirvana idéal ne peut être qu'un changement favorable et propice, l'aube mystérieuse d'un jour nouveau, d'un mode- de l'Être qui se rapproche de ce que le langage humain appelle : joie, bonheur, béatitude...

Mais une synthèse universelle qui finit par reconnaître au terme de son évolution, encore voilée par les brumes des régions mystiques, la félicilé, symbole de l'Absolu, objet sacré et insaisissable de la volonté ; une philosophie qui s'achève par une démonstration aussi positive des plus grandes espérances d'ici-has peutelle être qualifiée de pessimisme absolu? Non, certes... Et comment ne pas reconnaître que si un génie philosophique de telle envergure n'a pu résister à l'appel invincible de cette voix lointaine, venant à la fois de l'autre rivage et des profondeurs de notre être, qui nous ordonne d'aimer, d'espérer et de vivre quand même, si un pessimiste tel que Schopenhauer, proclame

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l'existence d'un principe immanent, producteur de l)ien-èlro, dcslruclil' de la douleur, qui se réalise, en nianl la vie actuelle et la nature perverse, il est vrai (mais le mode de sa réalisation est négli^'cabie), c'est que vraiment l'instinct du Bonheur fait partie de l'essence tle l'Ame et de la Nature. Loin d'être une vaine invention de l'optimisme traditionnel, il correspond à la plus certaine et à la plus bienfaisante des Réalités. Même en nous enseijynant le renoncement, vous ne vous ferez entendre et oliéir qu'en promettant aux âmes accablées de détresse, de lassitude, de chagrin et de doute, une vie meilleure et un bonheur, dilïérent peutêtre du bonheur chimérique que nous poursuivions ici-bas, mais qui méritera encore son appellation terrestre. Car l'Etre ne subsiste que s'il vaut mieux que le Non Etre ; car vous ne créerez jamais rien avec une négation, car nulle lleur terrestre ou mystique ne s'épanouit au gouffre du néant absolu. Sa floraison exige un sol propice, il faut un principe, une raison d'être et une cause initiale à tout ce qui aspire aux phases du devenir et à la fantasmagorie de l'Etre, l'our les créatures Aivantes, cette condition primordiale de l'existence même, c'est la possibilité du Bonheur. En nous l'octroyant, après l'affranchissement suprême, Schopenhauer nous a donné le droit de parler de la

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part d'optimisme que contient son œuvre et que nous devons y retrouver, puisqu'elle est l'œuvre d'un homme et d'un homme de génie •

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