LA PHILOSOIMIIE ET LE DRAME
De tous les oasis de joie, de beauté et de béatitude que le^énie humain découvre parmi les I sables arides du désert, voici la plus éblouissante de vie et de lumière ; de tous les refuges, • de tous les abris, de tous ces asiles précaires. ' que son industrie ingénieuse édifia et dont sa rliarité nous invite à franchir le seuil, voici le plus sûr, le plus hospitalier. Nous ne saurions [ le redire trop souvent, lart du théâtre est le f plus profond, le plus admirable de tous les arts, F parce qu'il en est avec la musique le plus direc- ' tement inspiré par l'instinct et le besoin metaphysique. En ce monde où tout n'est que mirage f et visions décevantes, ce domaine de la fiction, . précisément parce qu'il n'affecte aucune préten- " tion à une réalité illusoire, est celui qui recèle \ les trésors les plus véridiques. Dans ces régions enchanteresses et factices, dans l'atmos- . phère féerique et naïve qui y règne, pour le phi- » losophe qui a su démêler, à travers les niaiseries agaçantes du mé'i:^c le sens métaphysique du théâtre, fleurissent des fleurs d'oubli.
Le théâtre est l'art suprême. Richard Wagner est le plus grand musicien, William Shakes- ; peare, le plus grand artiste du monde. Et parmi S l'élite qui guidera l'humanité des temps avenir \ vers un idéal, chaque jour plus splendide et " plus pur, vers les sources ignorées de joies, de renouveau et d'extase, que la doctrine pessi-
RZEWtSKL 12
17S I. OPTIMISME DE SCHOPENHAUEH
miste et desespérée de Schopenhauer fail jaillir quand même sous nos pas et que nous voulons retrouver, dans la cité future, le modèle du héros, du sagre apparaîtra à nos descendants plus heureux sous les traits du nohle et pathétique Frédéric Schiller, philosophe et dramaturge, métaphysicien et poète trag^ique.