ABERRATION CHROMATIQUE OU DE RÉFRANGIBILITË
Abandonnons l'hypothèse des rayons lumineux simples et considérons ce qui se passe quand un faisceau de lumière blanche tombe sur une lentille. Chaque rayon AB {fig» 84) est décomposé en une infinité de rayons colorés, étages suivant leur réfrangibilité croissante, entre CR et DV. Un rayon GH, symétrique du premier, est décomposé de même, et l'ensemble des rayons situés à même distance de l'axe fournit une série de foyers principaux différents, disposés sur l'axe entre R et V.
Tous les rayons qui traversent la lentille sont ainsi décomposés
en rayons simples qui obéissent, dans leur trajectoire, aux lois énoncées cl-dessns. Il y aura donc, pour chaque direction Incidente, autant de caustiques, et, pour un faisceau étroit, autant de doubles lignes focales d^ astigmatisme que de rayons simples.
Dans une lunette, rœil, placé sur le prolongement de l'axe VR, reçoit, en même temps, des rayons de toutes les couleurs, l'aspect de rimage n'est donc que peu modifié par cette aberration, qui ne
Fig. 84.
produit qu'une légère bordure irisée sur les contours fortement accusés des objets. Pour achromatiser Tappareil, on peut se contenter alors de réduire le plus possible la longueur VR, en réunissant, par exemple, le foyer violet et le foyer rouge.
En Photographie, l'aberration chromatique a le grave inconvénient de créer un foyer chimique, il importe donc de la corriger plus complètement et, comme nous Talions voir, d'autre façon que dans les lunettes.
Foyer chimique. — Le foyer chimique provient de ce que la mise au point optique d'une lentille est dilTérente de la mise au point photographique ou chimique. Cela résulte de ce que le maximum d'éclat dans le spectre ne coïncide pas avec le maximum d'effet chimique, le premier se trouvant vers le jaune en J, le second vers le violet en V {fig* 84). En observant l'image, on mettra naturellement au point en J; et le foyer chimique étant plus près de la lentille, en V, l'image développée sur la plaque sera floue.
Une lentille simple ne peut jamais être achromatique, car, de quelque façon qu'un rayon la traverse, les éléments de surface E
ÉTUDE DES ABERRATIONS. 8l
et S, à l'entrée et à la sortie, forment toujours un angle (/î^. 85)
et agissent sur le rayon à la façon d'un prisme simple, dont la dispersion n'est jamais nulle.
Seuls, les rayons passant par les points nodaux, c'est-à-dire les axes secondaires, traversent des éléments de surfaces parallèles et
Fig. 86.
sortent sans dispersion, ou du moins forment à la sortie un faisceau dispersif très petit de rayons parallèles (/?^. 86 ).
Cercle d'aberration chromatique. — Soient les rayons de réfrangibilité extrême AV et AR {fig* 87). Les cônes correspondants
Fig. 87.
se coupent suivant un cercle DE, que l'on appelle le cercle d^ aberration chromatique. Soient. a le diamètre DE de ce cercle et o le diamètre AB de la lentille. On a
GV
et, d'autre part.
a GR