A DISCUSSION DK k’aN XI
Les dispositions auxquelles coopérait Daru avaient . pour but de donner aux monnaies ce caractère de stabilité, qui est le plus sûr garant du crédit.
Les métaux précieux varient respectivement de valeur, et ces variations occasionnent leur passage d’un pays dans un autre, parce qu’ils sont comme les fluides, il faut qu’ils reprennent sans cesse l’équilibre.
Daru examine l’effet du mouvement des métaux causé par les changements survenus dans leur valeur respective. Il rappelle, au sujet de la proportion établie entre l’or et l’argent, les idées émises par Henri Poulain, conseiller à la cour des monnaies, dans les Maximes sur l'administration des monnaies présentées à Sully au commencement du dix-septième siècle, et l’éloge qu’en faisait Forbonnais. Celui-ci disait*, d’après le sentiment de Law, que « les Etats ne doivent point fixer la proportion entre les métaux, parce qu’elle varie sans cesse et que ce changement occasionne dans l’intervalle des rapports ruineux, ou nuit à certains commerces. Il suffit que 1e prix du marc d’argent soit fixé, le commerce fixera suivant ses besoins le prix du marc d’or. » Aussi, comme le constate Daru, les partisans de ce système, qu’il combat, se sont-ils empressés de compter Forbonnais parmi les autorités qui pouvaient lui donner quelque poids ; mais on leur a rappelé que cet auteur s'était rétracté, trente ans après, au comité des monnaies de l'Assemblée constituante.
’ Forbonnais, Recherches sur les finances de la France, citil. in-4'’,