‹ L'orage sur le jardin de Candide; romans philosophiquesChapitre 12 sur 27 · La Rôtisserie de la Reine Pédauque, p · texte numérisé non relu

La Rôtisserie de la Reine Pédauque, p

DE LA PLUIE QUI SURPRIT CANDIDE 8i

Mais redonnez-moi, Candide, mon fils, de ce tabac oriental : jamais n'en prisèrent de semblable nos plus grands évêques. Il est digne du nez d'un philosophe et même d'un théologien. — C'est que, répondit Candide, ses feuilles, objet de mes soins diligents, croissaient au bout de ma métairie, près d'un ruisseau qui enveloppait les hautes plantes d'une humidité propice. Hélas, que sont-elles devenues, monsieur l'abbé? Ah! voici que, pour la première fois depuis cent cinquante ans. je regrette mon établissement en ces parages. Nos disputes et les méfaits de l'ouragan me font réfléchir... Je me rappelle le pays de Dorado, où il n'y avait ni palais de justice, ni parlement, et où les seuls soldats étaient vingt belles filles ! Il ne ressemblait guère, je vous l'assure, à la Westphalie, ni même à la France, ni même à ce coin heureux de l'Orient, terre de la contemplation, du rêve et de la prière, où j'ai su trouver la paix, soudain troublée, et disposer mon potager que détruit à présent la tempête.

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