CHAPITRE CINQUIEME
Du retour sur soi-même
Puisque l'oraison est ‘une conversation amicale,’ un commerce intime de l'âme avec Dieu, on doit sans doute S'Y ocuper longuement de Dieu, de ses intérèts, de son règne, de ses bienfaits; mais on doit aussi souvent s'occuper de ses créatures, en particulier de celle à qui il & bien voulu donner audience. Il faut done savoir l’intéresser à nos affaires, à nos besoins.
Le Sauveur lui-même nous en a fait un devoir dans le Pater, oraison modèle, où, après lui avoir rendu nos hommages et fait des vœux pour .sa gloire, nous mendions humblement ses grâces et le secours de sa toute-puissance ‘‘Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié. ….:—donnez-nous notre pain de chaque jour, pardonnez-nous nos offenses,
sut LE
ne nous laissez pas succomber à Ja tentation, mais délivrez-nous du mal.’
Or pour plaider sérieusement notce cause auprès du Seigneur, il faut la con.
naitre. C'est le sentiment bien vif de nos miséres qui nous fera trouver les urquments décisifs, les accents pé .étrants qui ouvriront les sources de la miséricorde divine, Nous parlerons bientôt du role de la prière dans l'oraison. ainsi que de la nécessité d'aboutir à des résolutions pratiques. Mais e'est la vue seule de nos faiblesses, de nos besoins qui nous poussera à la prière comme aux résolutions, D'où l'importance de e chapitre.
Les affections avec les considérations, sont ‘‘les ailes de l'âme.’ Après vous étre envolé vers Dieu par le mouvement des considérations et des affections, reescendez à tire-d'aile dans votre conscience, en gardant les lumières et les convictions acquises sur les hauteurs divines. C’est ainsi que la méthode de saint Sulpice, sage entra toutes, marque une place important: à ce qu'elle appelle la réflexion où le retour sur sn-même.
Hélas! beaucoup d’âmes ont peur