‹ L'oraison [microforme]Chapitre 29 sur 37 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

Des aridités

Vous abordons un des plus graves pro”

Eblèmes de la vie mystique ; il intéresse E ouverainement les âmes qui aspirent à Ja perfection. Qu'’elles demandent à Dieu | de leur faire accepter et appliquer ces Ë reflexions.

L'homme ressent pour le bonheur un

attrait indestruetible. Mille voix inté-

ricures l’y appellent jour et nuit : il peut,

1 force d'énergie, en apaiser les cris, Mais en obtenir le silence complet, jamais.

Vous n’empêcherez pas plus votre cœur de souffrir et de réclamer la félicité, que l malade atteint de la fièvre, d’avoir «oif et de demander à boire.

Cette aspiration du reste est légitime en elle-même; et Dieu, dans sa miséricorde, veut en faire un auxiliaire puis- «int de notre faiblesse, dans le travail de sanctification. Ecoutons le docte

Bossuet nous expliquer ces vues de Providence :

‘La piété encore faible, dit-il, a j Soin d’une douceur plus sensible: Ji, semble y vouloir d’abord gagner le sen et comme l'extérieur de l’âme, pou S'insinuer dans ’. fond: c’est ce qu'ol appelle les goûts, les Suavités, les dou ceurs, les consolations ; là se répanden:

les larmes pieuses, plus douces qu:

toutes les joies, Parce, qu'en effet, elle sont le fruit d’une Sainte dilatation di Cœur, qui s'épanche devant le Seigneur avec un plaisir aussi pur qu'inexplicable Il ne faut pas S'imaginer que cette chaste douceur, qui est le soutien de la pitt; naissante, soit autre chose qu'un don de Dieu ; i] est vrai que la nature peut k contrefaire, mais alors ca n'est pas cette douceur sensible qui est le soutien de l piété CoMmencçante: c’est plutôt un appât de l’amour Propre, dont il ne s'agit pas ici d'expliquer Ja nature ni Les effets:

il nous suffit d’avoir établi que. ces premières douceurs, qu'on nomme sensibles.

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