CHAPITRE QUATORZIEME
Autres tentations contre l’oraison
Indignité.— Mauvaises pensées, — Défauts de progrèz.
Outre les distractions et les aridités Spirituelles, ces vux grands obstacles qui détournent t: Et d’âmes de la pratique de l’oraison. il faudrait en signaler bien d’autres, car: ‘le démon connais.
sant le dommage qui doit lui en revenir, dit sainte Thérèse, et sachant que cette âme en sauvera un grand nombre d’autres, s'efforce de lui fermer, par mille obstacles, l'entrée du chemin de l’oraison”’(1).
Nous allons nous arrêter à trois des plus importants.
I. L'oraison, nous l'avons assez prouvé, est un merveilleux instrument de
(1) Vie, chap, XI.
dit os acles ratiaaler naIsenir, ette nbre par
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rotl1-
de
perfection, bien propre à nous purifier quotidiennement de toutes les scories de nos infidélités, comme de la rouille au contact du feu. Et cependant, la tentation peut surgir de nous en éloigner sous lL singulier prétexte de notre indignité !
La Vierge d’Avila elle-même a passé par cette épreuve, Elle l’a décrite de main de maître, avec tous les faux raisonnements qui manquèrent de la perdre.
Sans la grâce de Dieu, l'Eglise perdait une de ses plus pures gloires.
Done sainte ‘Thérèse, n'ayant que vingt-six ans, se voyant encore bien imparfaite et retenu à la terre par bien des liens, se prit en dégoût ; elle en vint à croire que ses péchés la rendaient mille fois indigne de l'oraison, et que c'était une folle témérité de vouloir y persévérer. Mais son propre récit va nous éclairer victorieusement :
‘La dissipation s’emparant peu à peu
| de mc àme, dit-elle, y causa de si cruels
ravages que j'avais honte d’user avec Dieu de la douce et familière amitié de
| l'oruison. Mes fautes étant devenues | plus nombreuses, la pratique de la vertu
n'avait plus pour moi ces charmes ces doucer s qu'elle me faisait sen auparavant Je tombai alors dans plus terrible piège que le démon pouru me tendre; me voyant si infidèle, je con Mençal, SOUS PRÉTEXTE D'HUMILITH, craindre de fuire oraison. Il me sembla qu'étant une des plus imparfaites (el habitait alors une communauté peu fe vente), il valait mieux suivre le plu grand nombre (faire comme Jes autres!
et me contenter des prières vocales aux quelles j'étais obligée ; digne de partage la société das démons, je ne devais plu prétendre à cet entretien céleste et à w commerce si intime avec Dieu. Enfi il me venait en pensée, que je trompai l: monde; ma conduite n'avait, en effet à l'extérieur rien que de louable’’(1).
‘Voici, dit-elle encore ailleurs, pa quelles pensées trompeuses le démon égarait mon esprit. Hé quoi! si mau.
vaise après tant de grâces reçues, pou:
vais-je encore m'approcher de l'oraison’ Ne devait-il pas me suffire de faire com:
(1) Vie, chap. VII.
mes et Senir lans le pouvait je com:
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