‹ L'Orchi-Épididymite des Prostatetectomisés et la Ligature préventive du Canal déférentChapitre 5 sur 12 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le but que nous nous proposons dans ce travail est d'étudier à la fois l’orchi-épididymite des prostatectomisés et les moyens propres à la prévenir. Nous croyons en effet cette complication post opératoire assez fréquente et assez ennuyeuse, et surtout assez mal connue des médecins, pour que son étude ne nous paraisse point inutile. Nous ne l’avons trouvée que mentionnée pour ainsi dire accessoirement par la plu-+ part des auteurs ; et il nous a paru intéressant de. rechercher et de rassembler ce qui est dit à ce sujet dans différents traités de chirurgie génito-urinaire, tels que les Maladies du Testicule de Monod et Terrillon. Il nous a semblé aussi que l’étude de la pathogénie de cet accident, ainsi que lexamen des différentes théories proposées et soutenues à ce sujet par divers auteurs, n’étaient, non plus que la description de sa marche clinique et de ses symptômes, dépourvues d'intérêt.

Mais il aurait été sans doute insuffisant de décrire l’orchite, si l’on n'avait point en même temps étudié

HO

ici les moyens de la prévenir, et examiné la valeur préventive de la ligature des canaux déférents, proposée tout d’abord par certains chirurgiens dans le but de provoquer la régression de la prostate hypertrophiée.

On sait que depuis longtemps déjà, Velpeau et Thompson avaient signalé l’analogie existant au point de vue macroscopique entre l’hypertrophie prostatique et les fibromyomes utérins et avaient pensé que la castration pouvait avoir chez l’homme des résultats analogues à ceux obtenus par l’ovariotomie chez la femme, lorsqu’en 1884, Launoiïs se basant sur un certain nombre de données anatomiques, embryologiques et expérimentales, proposa l’ablation des testicules comme traitement de l’hypertrophie prostatique. Ramm pratiqua bientôt après la première castration tentée dans ce but. Mais rares étaient, même à 70 ans, les malades qui consentaient de gaieté de cœur à la suppression des attributs de leur sexe et le public montra bientôt toute sa répugnance pour un remède qui lui paraissait souvent pire que le mal. L'affaire prit bien vite un côté sentimental que décrivait Vautrin : « De ces malades, les üns ont encore des prétentions inassouvies, les autres voient dans l’ablation de leurs testicules la décrépitude de tout leur être et comme le stigmate d’une déchéance honteuse. Et, pourtant, dans la généralité des cas, palpez ces testicules des vieux prostatiques, vous les trouverez petits, étiolés, cachés au fond des bourses comme s'ils avaient conscience de leur impuissance ; ils sont là pour mémoire, inertes, sans vie. Cependant, le vieillard

Page 1