‹ L'Orchi-Épididymite des Prostatetectomisés et la Ligature préventive du Canal déférentChapitre 7 sur 12 · SEM · texte numérisé non relu

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tes fut bien diminuée et leur durée fort abrégée. Dans 3 autres cas (obs. VI, VII et VIII), il n’y eut pas d’orchite, mais simplement une déférentite s’arrêtant à la ligature. Le testicule resta indemne à l’abri de cette solution de continuité. |

Sur les 181 prostatectomies sans ligature, le nômbre des orchites a été de 23, soit un pourcentage plus élevé, de 13 %. Nous pensons donc que la ligature n’est pas dépourvue d’efficacité. Elle nous semble d’autant plus devoir être pratiquée lorsqu'une hernie volumineuse ou une poussée inflammatoire récente sur l’épi- ‘ didyme ou les testicules n’interdit point de la tenter, que nous avons relaté ainsi qu’on vient de le voir, trois cas où son influence heureuse s’est montrée avec une netteté toute particulière. C’est ainsi par exemple que le malade de l’observation VI, sur lequel la ligature avait été pratiquée, fit au bout de dix jours une vésiculite droite avec gonflement du déférent droit et abcès au niveau de la section funiculaire qui auraient sans doute dégénéré en une orchite véritable si la ligature n’avait pas arrêté l'extension du processus inflammatoire. C’est également ce qui se produisit pour deux autres malades qui firent aussi, au cours de leur convalescence, une vésiculo-déférentite, qui arrêtée dans sa marche par la ligature, ne pût atteindre le testicule. Il nous paraît que dans ces cas la ligature a joué un rôle préventif indiscutable, qui doit encourager à la pratiquer toutes les fois qu’elle ne présente aucune difficulté.

Influence de la ligature sur la génitalité et le psychisme des opérés

Les adversaires de la ligature, Legueu entre autres, l’ont accusée souvent de répercussions fâcheuses sur la vie sexuelle des opérés, et d’être nuisible plus tard en voulant être utile immédiatement. La question semble être aujourd’hui définitivement tranchée.

Déjà en 1906 Pousson écrivait : « La ligature ou résection des canaux déférents, ou vasectomie, ne détermine du côté du testicule aucun travail atrophique. Seul est entravé le transport des spermatozoïdes vers les vésicules séminales ; mais les opérés, frappés de stérilité, conservent la faculté d’avoir des érections et de pratiquer le coît, et ne perdent pas le bénéfice de la sécrétion interne si nécessaire à l’équilibre physique et intellectuel des vieillards.» Delbet écrivait de son côté : « Il faut distinguer entre la simple oblitération du canal épididymaire ou la ligature du canal déférent de la castration. Tandis que dans le second cas le pouvoir sexuel disparaît plus ou moins rapide-

ment, il persiste dans le premier. Il y a là une influen-

ce manifeste de la présence du testicule. Certains su-

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jets peuvent avoir conservé l’appétit sexuel et ne plus présenter d’érections ni d’éjaculations. La section des canaux déférents chez un adulte supprime en grande partie l’éjaculation sans influer sur les érections. » La conclusion à laquelle se sont arrêtés ces deux auteurs semble bien, aujourd’hui encore, être celle que l’on doive tirer de l’étude des divers ouvrages publiés sur la question.

Steinach, dont la fameuse méthode de rajeunissement, fit quelque bruit, comme toute méthode sur semblable sujet, nota sur de vieux rats après ligature des canaux déférents, une réapparition de l’ardeur sexuelle disparue, et déclare à la suite de ces expériences que la résection du déférent, pourvu qu’on ait séparé les vaisseaux, détermine chez les sujets vieux un renouveau de virilité. Il pensait, comme l’avaient affirmé déjà avant lui Ancel et Bouin, que la ligature déterminait une prolifération de la glande diastematique, un véritable rajeunissement du testicule ayant pour conséquence un rajeunissement de l’organisme entier. La nouvelle activité de la glande interstitielle retentissant sur tous les tissus du corps, le vieil animal fait bientôt place à un être jeune. Et comme la glande interstitielle est supposée tenir sous sa dépendance les manifestations de la vie sexuelle, Steinach prétendait par la ligature réveiller l’activité de cette glande avant son involution sénile et rendre ainsi à ses opérés une ardeur nouvelle.

Mais force fut bientôt de convenir que la méthode n’était pas aussi infaillible que voulait bien l’assurer

son promoteur ; et si l’on notait parfois après l’opéra-

ne

tion, une période d’excitation génésique, ce n’était qu’un feu de paille, les opérés retombant bien vite dans une frigidité complète, sans que dans aucun cas on aît pû noter un seul signe de rajeunissement. Retterer et Voronoff, publiant quelques temps après Steinach le résultat de leurs expériences sur l'animal, sont d’ailleurs bien loin de s’associer aux conclusions trop hâtivement énoncées par cet auteur. Si l’animal conserve aussi bien la libido que la potentia cœundi, . cependant l’évolution des cellules séminipares se fait plus lentement que chez l’animal à canal perméable. Mais, « sauf quelques dégénérescences qui se produisent dans les premiers temps consécutifs à la résection du canal déférent, l’épithélium des tubes séminipares survit et les noyaux des cellules produisent des têtes de spermatozoïdes. Seulement l’imperméabilité du canal déférent empêche leur mise en liberté. Le tissu conjonctif interséminipare ou interstitiel, bien loin d'augmenter, diminue après la résection du canal déférent. S’il semble s’hypertrophier les premiers temps après la résection, ce n’est là qu’une apparence due à l’affaissement momentané des tubes seminipares. Si l’animal possède des ardeurs et la puissance génitale lors de la résection, ces facultés persistent après l’opération et ne sauraient donc relever que de la survie et de l'intégrité du revêtement épithélial des tubes séminipares. Ces animaux se trouvent placés au point de .vue général, dans les conditions analogues à celles des cryptorchides ou de ceux auxquels on a, après castration, greffé des fragments de testicule jeune. Qu'il ne se développe plus de spermatozoïdes ou que les sper-

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