‹ L'Orchite MaltaiseChapitre 9 sur 26 · ME LS · texte numérisé non relu

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l’orehite S’est déclarée au début, ou fut même la première manifestation apparente de la fièvre de Malte (Ellis, Cantaloube, Lagriffoul, Roger et Arnal) ? 11 nous semble bien que ces deux constatations, en apparence contradictoires, pourraient être explicables, si l’on résolvait la troisième question dans le sens de la nature toxique de cette orchite. Le micrococeus melitensis a envahi l’organisme, la fièvre de Malte « couve » ; ses toxines se déversent un peu partout, elle éclatera bientôt sous une forme et dans une région déterminées, Or, elle peut fort bien, dans certains cas, débuter par l’appareil génital, où les toxines, pour des raisons inconnues, ont eu plutôt le dessus.

Ceci nous amène à réfuter une autre objection : « Mais que faites-vous des cas où l’on trouve des gonocoques ou autres microorganismes dans l’urèthre ? » Mon dieu ! le gonocoque peut fort bien n’avoir qu’un rapport secondaire avec l'affection actuelle.

Tous ceux qui ont des gonotoques dans l’urèthre ne sont pas obligatoirement des blennorrhagiques récents (1). Puisque une excitation quelconque peut parfaitement réveiller: les gonocoques de leur long sommeil paisible, nous ne Voyons pas pourquoi on ne pourrait pas admettre que la fièvre de Malte est un de ces agents d’excitation. On aurait donc une orchite maltaise accom pagnée d’une uréthrite gonococcique. On pourrait même, dans certains cas, admettre la nature d’association microbienne de cette orchite: le uicrococcus où ses toxines produisant une excitation de l'appareil génital, réveille le gonocoque ou tout autre mi-

(1) Nous pourrions même ajouter que la flore de l'urèthre nest pas falalement celle du testicule, puisque la voie canaliculaire est lon d'être admise aujourd'hui,

croorganisme saprophyte et, de cette association, naît l’orchite.

Nous voilà ainsi arrivé à la théorie de l’infection mixte, association du micrococcus avec tout autre microbe : gono coque, Streptocoque, staphylocoque, pneumocoque, ete.

Il nous semble que c’est à l'association microbienne qu’il faille, dans la majorité des cas, s’arrêter. Le micro- . COCCUS melitensis n’est, en effet, généralement pas pycgène. (C’est peut-être là aussi l’explication de la rareté de l’orchite suppurée.

Enfin, on peut encore admettre que le micrococcus n°? fait que préparer le terrain à quelque infection que ce soit.

Une fois l’origine infectieuse admise, nous nous buttons contre la question pathogénique. Par quelle voie et par quel mécanisme l’infection arrive-t-elle à causer l’orchite maltaise ? Est-ce une infection ascendante (voie canaliculaire), descendante (voie rénale), ou bien par voie sanguine ?

Nous pensons que la première hypothèse peut facilement être écartée. En effet, nous ne trouvons presque jamais d’uréthrite dans l’orchite qui nous occupe ; nous ne connaissons pas, d’autre part, des cas de fièvre de Malte qui aient nécessité un cathétérisme, lequel pourrait nous faire penser à une infection uréthrale. D'ailleurs, même pour l’orchite blennorrhagique, Fournier, frappé par l’intégrité du canal déférent dans un grand nombre de cas, s’était depuis longtemps demandé s’il fallait toujours adopter, pour la pathogénie de l’orchite blennorrhagique, ja doctrine de la propagation par continuité de tissus, et il avait répondu par la négative, penchant plutôt pour l’as-

shmilation à ces complications blennorrhagiques qui se

produisent à distance, telles que les arthropathies, les fluxions des gaines, etc. È

La voie descendante nous paraît aussi avoir peu de chances d’être admissible. Il est entendu que dans la lutte que donne l’organisme entre les bacilles, le rein est, ainsi que Île foie, le principal organe d’élimination mierobienne. Bouchard l’admet dans certains cas de fièvre tvphoïde. Mais a-t-on trouvé du micrococcus chez des porteurs d’une orchite maltaise? P’autre part, l’extrême rareté de l’épididymite pure ne nous permet guère d’embrasser cette hypothèse.

Il semble que la voie sanguine ou encore lymphatique soit celle qu’on puisse le plus facilement accepter. L’in fection méditerranéenne s’étend ; le micrococcus melitensis circule un peu partout et, çà et là, fait étape pour y exercer sa malfaisante influence. [1 fait étape lui-même ou bien dépose des toxines dans les articulations, les muscles, la rate, le foie, le testicule, les amygdales.

Cette dernière complication, l’amygdalite, nous suggère un autre point que nous erovons devoir effleurer.

Y a-til une relation entre l’angine et l’orchite maltaise? Verneuil, en 1857, établit une relation de cause à effet entre ces deux phénomènes morbides ; mais il ne voit pas la possibilité de l’expliquer d’une façon satisfaisante. Aujourd’hui, à la suite des travaux de Lasègue et de Joai, i illest admis que l’orchite aussi bien que l’amygdalite ne sont que l'expression d’un même état général. M. le pro-. fesseur Quénu a, l’année dernière, examiné cette question d’une façon remarquable. Si nous en parlons ici, C’est parce que notre malade à présenté, quelques jours avant son orchite, une amygdalite très douloureuse.

Enfin, pour être complet, citons quelques ‘opinions au point de vue pathogénie. \

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D’après Ellis, le micrococcus aurait une prédilection pour les tissus conjonctifs ; Hallopeau pense qu’il se produit, au niveau du testicule, des lésions parenchymateuses analogues à celles qu’on voit à la rate, au foie, dans les ganglions. Widal, se basant sur un cas observé, prétend que l’orchite est due à une thrombose des vaisseaux testiculaires, une sorte de phlegimatia alba dolens des vais: seaux spermatiques. Mais en est-elle bien la cause ou plutôt l’effet ? (1)

Pour nous résumer, disons que la vérité est probablement, ici comme ailleurs, intermédiaire : l’orchite maltaise est, suivant les cas, produite par le micrococeus luimême, par des toxines ou par une association microbienne, infection charriée très rarement par voie canaliculaire, assez rarement par voie rénale, souvent par voie san-

gurie.

(1) Ces deux derniers auteurs parlent de l'orchile «Lyphoïdique »

ou du moins, ainsi classée.

Le APE

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