CHAPITRE I
SOMMAIRE : Commencement des Hospitaliers à Trinquetaille. — Leur église détruite se relève de ses ruines. — Destruction nouvelle des bâtiments par Arnaud de Gcrvole. — Les Hospitaliers s'établissent dans Arles. — Premières réunions des chevaliers dans la ville. — Le commandeur Gossa ; nouvelles constructions, la chapelle est bâtie. — Réunion de i5o9. — Mort de Gossa, son tombeau, son épitaphe. — Deux Grands-Maîtres s'arrêtent dans Arles. — Le commandeur Robert Albe de Roquemarline, achèvement de la maison, tombeau et épitaphe du commandeur de Roquemartine, dans l'église du Temple, à Paris.
ES Hospitaliers furent fondés à Jérusalem, au XI* siècle, par le bienheureux Géraud ou Gérard, pour le soin des pèlerins pauvres et malades. De là l'Ordre se répandit en France et particulièrement à Saint- Gilles. L'archevêque d'Arles, Aton, • donna vers iiiSaux Hospitaliers Téglise de Saint-Thomas, au faubourg de Trinquetaille. Etienne Raymond, prêtre, originaire de Gap, fut établi commandeur de cette nouvelle maison. Elle fut favorisée, dès sou établissement, de diverses donations, et elle devint bientôt Tune des principales de l'Ordre. En 1144, le comte de Provence, Béranger Ray-
mond, tué au combat naval de Melgueil, livré aux Génois qui soutenaient les seigneurs des Baux, fut enseveli dans réglise Saint-Thomas, et plus tard en août 1192, Hugues des Baux, demandait à être admis, comme confrère, et promettait à la communauté une saumée de blé chaque année et élisait sépulture en son cimetière (i).
Quelques années auparavant, vers 1146, se tint à Arles un chapitre où étaient assemblés les frères de Saint-Gilles et de Trinquetaille. L'achevêque Raymond de Montredon et les consuls y assistèrent. Arnaud de Messages, Grand-Prieur, y reçut, comme donnée, Adélaïde femme de Bertrand de la Vérune, qui finit ses jours au service de l'Ordre dans l'hôpital de Jérusalem (2).
Dans la suite, les Hospitaliers de Trinquetaille reçurent nombre de privilèges des comtes de Provence et des grands qui, en outre, leur donnèrent des terres et des bénéfices. Peu à peu ils se trouvèrent possesseurs de grands biens. Ils excitèrent contre eux la haine populaire. Les Arlésiens les suppo-
t. Jean Raybaud. Histoire des Grands-Prieurs et du Prieuré de Saini" Gilles, éditée par l'abbé C, Nicolas, curé-doyen de Saint-Gilles-du-Gard, t If PP« ^o-^?. Donnons, k propos de ce bel ouvrage auquel nous ferons de larges extraits, un détail ignoré jusqu'à ce jour, nous le croyons, du moins. L'exemplaire manuscrit que possède la bibliothèque Méjanes d'Aix, le seul existant et dont s*est servi le chanoine Nicolas pour son édition, fut fait sur l'original, rempli de ratures et de renvois, en 1765 et en 1766, et appartenait à un Arlésien bien connu, Guillaume de Nicolay (1716-1788) membre de rAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres. Le patient chercheur, l'abbé Laurent fionnemant eut à sa disposition ce précieux manuscrit et en a extrait bien des notes insérées dans ses nombreux manuscrits sur l'histoire civile et religieuse d'Arles déposés à la bibliothèque publique de cette ville. C'est en nous reportant aux références que ne manque jamais d'indiquer Térudit abbé que nous avons acquis la certitude que l'exemplaire de la bibliothèque Méjanes est bien celui de Guillaume de Nicolay mais d*une écriture autre que la sienne.