‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 13 sur 129 · Id. Ihid, t. I, p · texte numérisé non relu

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sèrent d'intelligence avec leur ennemi, le comte Charles d'Anjou qui en voulait à leurs prérogatives, trop onéreuses pour lui. Il était parti en 1248 pour la croisade avec le roi saint Louis, son frère, et il était dangereusement malade en Chypre, impuissant et inactif. A cette nouvelle, les factieux s'ameutèrent contre les chevaliers, la foule se précipita vers Téglise Saint-Thomas de Trinquetaille et la livra au pillage ; plusieurs religieux qui s'y étaient réfugiés furent massacrés au pied de l'autel. Pourtant l'église se releva de ses ruines, et, en 1326, le Grand Maître Hélion de Villeneuve, dans un chapitre général tenu à Montpellier, donna un règlement à ses frères d'Arles afin de leur permettre de vaquer avec plus de vigilance aux soins des pauvres de Thôpital de Saint-Thomas. Tous les dimanches, le prieur, accompagné de ses prêtres, devait visiter les malades et observer si les religieux accomplissaient leurs fonctions avec zèle et fidélité. Les Hospitaliers s'acquittèrent pendant longtemps avec exactitude de ce pieux devoir (i).

Après la bataille de Poitiers (1356), où le roi Jean fut fait prisonnier par les Anglais, les troupes, n'étant plus payées, se débandèrent et pillèrent la France, sous différents chefs. Un des principaux, l'ancien archiprêtre Arnaud de Cervole, passa le Rhône et vint en Provence en juillet 1357. Les Arlésiens, pour se défendre contre les pirateries de cette soldatesque, détruisirent tous les

I, AviBimT. Mémoires historiques et critiques sur V ancienne Répuhîi que d'Arles, y partie, p. 167. L. Jacquemim. Mémoire sur les hôpitaux de la ville (t Arles,

Pierre Véran dit que ce fut à la suite de cette émeute que .Je chef des Hospitaliers dans le Midi aUa fixer sa résidence à Saint-Gilles.

bâtiments considérables des faubourgs de leur ville. L'église et l'hôpital de Trînquetaille ne furent pas épargnés (i). Enfin le calme étant revenu, frère Raymond de Plainchamp, commandeur de Saint-Thomas (2), acheta dans la ville, le 20 janvier 1358, une maison de Jacques Pujade. Elle était située, sur la paroisse actuelle de Saint-Julien et confrontait d'une part, à la maison de Jeanne Laget, femme de Jean d'Aramon, d'autre part, à la maison de noble Pierre Trabustol, et le fleuve du Rhône, et finalement à la rue publique (not. Pons Rodelly, d'Arles).

Le 2 avril 136 1, Jeanne Laget vendit pour le prix de deux cent cinquante florins (même notaire), au même personnage, une nouvelle maison, située dans la même paroisse, confrontant, d'une part, avec le Rhône, d'autre part, avec la maison du commandeur, d'autre, avec la porte de la Trouille, et enfin la rue publique.

Une troisième maison fut achetée, le 14 mars 1392, pour la somme de dix florins d'or. Elle appartenait à Laurent Premeyran, elle confrontait de deux parts, à la maison du Commandeur, d'autre, au grenier neuf, autrefois de Guillaumette Noir, et d'autre, à la rue publique (not. Bernard de Podio, d'Arles) (3).

Ce sont ces trois maisons qui ont formé, en par-

I. CHiftisT. VArchiprêire, p. 41-74. — Dbwipli. La désolation des églises, monastères et hôpitaux en France pendant la sruerre de Cent Ans,

9. Les commanderies étaient des agrégations de biens possédés par des commandeurs, lesquels avaient la jouissance de tous les revenus, déduction faite des charges, taxes, contribution^ qui leur étaient imposées par les supérieurs majeurs.

3. Archives des Bouches -du-Rhône» Fonds de Malte, Inventaire de Saint-Gilles, t. v et vm.

tie, le Grand-Prieuré tel que nous le voyons encore aujourd'hui. Il devint important, presque dès le début, alors qu'il n'était que la résidence des commandeurs de Trinquetaille. A plusieurs reprises, les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem y tinrent leurs assemblées annuelles, notamment le 17 février 1439. Parmi les commandeurs présents à cette réunion, il faut citer ceux de Marseille, de Valence, du Temple d'Arles (i), de Manosque, de Beaulieu, de Valdrôme, de Puimoisson, de Saliers, etc. Le procès-verbal de cette assemblée tut rédigé par le notaire arlésien Michel Grimaudi et se trouvait dans ses écritures (2)*

Le pape, à la recommandation du roi René, avait donné en 1475 ^ Melchior Cossa, la commanderie de Trinquetaille pour récompenser les services que ce dernier avait rendus au prince. En 1484, la ville d'Arles donna permission au commandeur de couvrir un coin de sa maison.

Die 4 aprilis... Et premierament, car Monsenhor lo coramandadour de sant Thoumas de Trencatalha, Monsenhor Melchion Cossa, a demandât licencia de poder cubrir ung petit canton, que es touchant sa meson, sur lo portalh de la Truelha ; et car segon la relation de messenhors los consols, et auhres del présent conselh, lo dîch quanton non es en préjudice ni domage de la villa, per tant lo présent conselh es content que lo puesca bastir et cubrir, réservât que en cas de guerra ou altra nécessitât, la ville sen puesca ajudar (3).

1. Le Temple d*Arles fut plus tard appelé com ma nderie de Sainto Lace. Il s'y était tenu, au mois d'octobre 1330, le premier chapitre général qui ait eu lieu en Europe. Ratbaud : Op, cit., 1, a66.

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